19.11.2009
La poujadiste du désert
En ce moment, j'écoute et apprécie « Les enfants du désert » de Diam's. Je suis d'habitude hermétique à ce genre de musique.
Même si Diam's n'a jamais écrit ce type de paroles, je ne vois pas le genre de poésie que peut avoir une rime avec « salope » ou « poufiasse » à la fin.
Ce qui m'a fait aimer cette chanson est le clip. La voir courir (si j'étais vache, je dirais qu'elle ne doit pas courir tant que ça) me fait penser à mon propre cas. En effet, nous, les joggeurs, on court pour oublier nos soucis. Ca en devient une drogue.
J'ai voulu du coup comprendre les paroles, ce qui est étonnant alors que la chanson est en français.
Cette chanson décrit l'enfer qu'elle a connu dans la recherche de la gloire et décrit à merveille la société de consommation et le bling bling triomphant. Le constat est juste et beau.
Au passage, encore une petite vanne contre le Front National « Triste pays qui compte sur les voix de Le Pen », nous savons tous qu'elle a fait une chanson sur Marine Le Pen. Elle a pourtant refusé de la rencontrer alors qu'en démocratie, on doit débattre.
Bref, une bonne chanson jusqu'à cette petite phrase qui m'a fait bondir :
« Je sais de quoi je suis capable, je sais de quoi l'Etat est coupable,
Lui qui débloque des milliards, mais jamais pour le contribuable, non ! »
Arrêtons le poujadisme deux minutes. Même si l'Etat peut toujours mieux gérer les fonds publics, il dépense énormément pour ses administrés. Bien sûr, je suis choqué des gaspillages en bon libéral que je suis.
Mais sincèrement, je paye 150 euros environ d'impôts sur le revenu et de taxe d'habitation, sans compter la TVA et tutti quanti. Et même si l'Etat me donne moins qu'à d'autres, parce que je n'ai pas d'enfant, parce que je ne suis pas malade, parce je travaille, l'Etat me fait vivre. C'est déjà lui qui me paye. C'est lui, au sens large, qui me soigne, me prête des livres, m'aide à voyager. C'est lui qui aide ma grand-mère. Lui qui me protège.
Dans sa chanson, Diam's dit qu'elle a pris « le temps de regarder l'Afrique ». Ben justement cocotte, c'est bien là-bas que les dirigeants spolient les ressources du continent.
Bref, ce côté « tous pourris » m'insupporte, ce raccourci « rien pour les petits » me paraît idiot. Et puis ce côté de vouloir parler aux noms du brave peuple me gonfle. On ne parle presque toujours qu'en notre nom. Finalement, Diam's rejoint à son insu sa cible : Marine Le Pen. On hait souvent le plus ceux qui nous ressemblent.
13:43 Publié dans Bave du Crapaud | Lien permanent | Commentaires (10) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : diam's, marine le pen, poujadisme
12.11.2009
La petite montagne, ça vous gagne ?
Depuis septembre, je suis presque autant en Cévennes que dans mon gros village du Tarn-et-Garonne. J’ai hâte d’y aller pour travailler et j’ai toujours hâte d’en repartir.
J’y vais depuis tout petit, mais toujours pour les vacances. On me connaît mais on ne me côtoie pas. La situation est en train de changer car je commence à passer pour un habitant à plein temps.
Au début, l’épicière me disait à chaque fois :
- Hé l’avocat, t’es venu te reposer ?
Franchement, pour moi le repos physique et psychologique, ça serait à dormir sur une plage en journée et sortir la nuit…
Le sujet principal de conversation, ce sont les champignons. Il n’y en a pas eu beaucoup cette année : sécheresse au début, trop de pluie à la fin, paraît-il. Bref, c’est à celui qui en trouve le plus et qui s’en vante au bar.
Un patron d’une auberge, ancien montpelliérain prétend avoir ramassé des « cageots de girolles ». Tout le monde commente son exploit. Une voix surgit, planquée derrière le Midi Libre :
- Kiki (tout le monde s’appelle comme ça ou alors « Néné », voire « Francis »), j’aimerais bien voir ça. J’en ai très peu ramassé en 27 ans…
C’était plus fort que moi, il fallait que je ramène, comme d’habitude, ma fraise… Kiki râle, le ton monte et il part chercher ses « girolles ». Il revient avec un panier de… clitocybes orangés. Je me fous bien de sa gueule en public. Je passe pour un mycologue averti, ça tombe bien, j’en étais un, enfant.
Emporté par mon succès, je capte l’auditoire en leur donnant un des mes coins (enfin, ancien coin, il n’y a plus rien depuis 3 ans). L’épicier gueule :
- Mais c’est mon bois !
- Hein ?
- Ben, oui ce bois appartient à mon père, t’as pas le droit d’y aller !
- Dis-donc Gillou (ils s’appellent aussi tous Gillou), y’a pas marqué « Bois à Gilles ! » à l’entrée !
Je bats retraite, car décidemment ils ont du mal à accepter un « résident secondaire ». Pourtant sans ces derniers, il n’y aurait plus rien. Je me dis que je reviendrai m’imposer à la hussarde plus tard, car à chaque jour suffit sa peine.
Je croise au retour un couple de copains à mes parents, résidents secondaires aussi. On se salue et je finis pas dire :
- Vous jouez toujours aussi bien au tarot ?
- Ta mère m’a dit que tu savais y jouer…
- Je sais jouer à tout, sauf au bridge et aux échecs.
- Quel niveau au tarot ?
- A un niveau que tu voudras plus m’inviter après…
Bref, je les rejoins deux jours après. Sont conviés aussi l’adjoint au maire et son épouse. Ils connaissent mes parents. Moi, ils ne m’ont pas revu « depuis mon enfance ».
On joue. Le résultat est sans appel. Je les écrase : garde sans, garde contre, etc. D’habitude, je suis un bon perdant mais un très mauvais gagnant (j’ai tendance à narguer après). Ce coup-ci, je ne dis rien.
Chers lecteurs, je n’ai plus le temps de publier régulièrement. Je n’ai même pas internet là-bas. Mais si je garde le silence pendant plus de 15 jours, c’est qu’ils m’ont noyé dans le lac.
23:55 Publié dans Bisous du Prince Charmant | Lien permanent | Commentaires (18) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
04.11.2009
L’Austerlitz de ma vie.
Pour répondre à mon ami Florent, à 23 ans, je finissais mon DEA de droit public (j’étais arrivé, l’année d’avant, en maîtrise sur Toulouse).
Ce fut une des années les plus réussies mais dont je paye pourtant aujourd’hui ma naïveté de l’époque.
A 23 ans, j’obtenais une allocation de recherches et je me lançais dans une thèse. Je découvrais les joies d’enseigner les TD. Ce fut une expérience (qui va se terminer cette année) formidable. J’ai aimé ce que je faisais et j’aimais, en très grande partie, les étudiants.
Politiquement, j’ai intégré cette année-là l’UDF pour militer lors du calamiteux référendum de 2005. Ce jour-là a changé ma vision de la politique : j’ai considéré que les Français étaient assez bêtes. Je suis bien ennuyé depuis car je travaille justement sur le référendum…
Enfin, c’est dans cette période que j’ai eu la seule histoire sérieuse de ma vie. On s’était rencontré dans l’été 2005, on s’est séparé peu avant l’été 2008. Nous sommes en très bons termes, c’est un garçon merveilleux. Il lit parfois ce blog, le commente rarement. Bref, à 23 ans, je jouais à rester sagement à l’appartement quand on se retrouvait chez moi ou sur Montpellier : soirées DVD, glace Häagens-Dazs. Je ne fumais plus (j’ai repris dès la rupture). C’était une prison dorée.
Bref, l’hiver est venu et c’est plutôt l’Ile d’Elbe, en attendant les 100 jours ?
Ah oui, c’est vrai qu’il faut taguer (ça gâche ma chute). Alors, je crois n’avoir pas lu Nelly, Chantal, Barrejadis, Bob et Kag. Je ne me vexerai pas en cas d’absence de réponse :-) .
14:07 Publié dans Les coassements de la Blogo | Lien permanent | Commentaires (12) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note



