25.04.2009

A force de porter la même chemise, on finira par être à la mode.

Lisant vos réactions sur ce billet ou ailleurs, je me suis demandé si vous n'étiez pas con-formistes.

Mes lecteurs modémistes sont un peu comme au PS : on ne change rien, et si on change, on doit le faire avec plus d'argent, le tout sans augmenter les impôts et en diminuant la dette ! Si vous croyiez les Français assez cons pour gober ça comme par le passé, vous n'auriez pas tort...

J'ai relu mon billet précédent et franchement, certains sont pires. J'ai essayé de comprendre votre agacement. En fait, le billet  précédent a le défaut de sous-entendre 3 choses qui vous gonflent car ça touche à l'affectif.

  • La bonne vieille industrie lourde : Germinal, la sueur, les mains sales, les rides sur les joues de braves travailleurs...

Je n'ai pas écrit qu'il fallait raser l'industrie. Je me suis juste interrogé sur l'intérêt autre que social de financer ce puits sans fond... Il vaudrait peut-être mieux reclasser des salariés ou à défaut former les futurs salariés pour d'autres secteurs. Mais bon, vous avez tous vu les films de Ken Loach, vous avez tous un proche qui en chie actuellement... donc tout ceci ne se dit pas, c'est « politiquement et humainement incorrect ». Mais bon, ce secteur est en train de se noyer et tout ce que vous trouvez à leur proposer, c'est de savoir à quelle température l'eau doit être... Des milliers d'emplois sont perdus tous les jours individuellement, et ça ne fait pas les journaux de TF1, donc ça ne fait réagir personne.

  • L'anglais. Prenez deux Français qui s'engueulent et évoquez l'anglais... Ils finissent par se rouler une pelle.

Que les choses soient claires : j'adore le français, je ne parle que le français dans mon pays, au travail, dans la vie ou en cours. Mais on peut aimer le meilleur champagne et ne pas cracher sur une bonne bière. Surtout lorsque tout le monde boit de la bière ou veut en boire chez nous, au moins dans quelques lieux touristiques... On souffre déjà de nos lacunes en anglais par rapport à d'autres pays. Je suis convaincu qu'un jour, un petit pays aura misé sur l'apprentissage du chinois. Il aura été visionnaire.

    • L'éducation nationale. Alors là, le Bayrou fayot des profs.

      On va faire plus, avec toujours plus de moyens. Mais bordel, tout le monde le sait et tout le monde l'a expérimenté : ce n'est pas une question de moyens (il faudrait toutefois changer l'affectation de ces derniers) mais plus de professeurs et d'élèves qui n'ont rien à y faire !

      Pour les professeurs, plusieurs méthodes irréalisables vu le corporatisme de ce corps (Les pires autres sont les magistrats : Burgaud voudrait presqu'il soit félicité et promu et ses collègues le pensent...) :

      -          récompensons les professeurs motivés (20% à tout péter, 50 % qui font ce qu'ils peuvent et 30 % qui n'ont rien à foutre là),

      -          exigeons une présence sur le lieu d'enseignement (y compris à la faculté, ça se fait partout à l'étranger mais dans ce cas-là, encore faut-il qu'ils aient un bureau)

      -          mettons en place une évaluation. Je fais remplir à chaque fin d'année ce que Pécresse rêverait : un questionnaire anonyme sur mes enseignements. Ma pauvre cocotte, les enseignants détestent toute évaluation et remise en question : ils ont tout vu, tout connu, tout vécu. Sur le dernier point, je doute que les élèves soient capables d'évaluer leurs enseignants, alors que les étudiants dans l'enseignement supérieur, oui. Grâce à ce questionnaire, les étudiants m'ont fait comprendre qu'ils n'aimaient pas quand les cours étaient sous forme de Powerpoint. Je croyais qu'ils adoraient !

      Pour les élèves, le problème vient de leur mauvaise orientation et que certains n'ont rien à foutre au collège, au lycée ou en faculté. Au nom d'une pseudo égalité, nous créons une machine à échec. Seuls s'en sortent les enfants issus des classes aisées (vive Acadomia, vive les professeurs débordés mais toujours prêts à faire quelques cours privés comme l'a rappelé intelligemment Mme Royal) ou les enfants qui comprennent vite (ces derniers, traités de « lèche-cul » foutent le bordel en classe, souvenir, quand tu nous tiens...) Il faut s'inspirer du système allemand des différents niveaux. Il faut de la discipline. Quel intérêt d'avoir créés des bacs pro permettant de s'inscrire en Licence de droit ? J'en ai vu pleins d'étudiants dans mes TD. Sur 100, 5 y arrivent... c'est un peu Sodome et Gomorrhe. Reviens le débat de la sélection à la faculté...

      La moralité de cette histoire est qu'il ne faut rien changer. Si en fait : continuons à demander à autrui de changer, de bosser mais ne nous remettons jamais en question. S'il arrive un malheur dans notre vie, c'est bien évidemment la faute du gouvernement. Si nous subissons un échec, c'est bien évidemment la faute à d'autres, aux étrangers bien entendus. La France serait d'après le Times un vaillant petit escargot. Pourquoi pas, mais le monde change trop vite.

       

      21.04.2009

      Des idées controversées pour spécialiser l’économie française.

      Ca fait mal de le dire mais certains pans de l'industrie française furent perdus à jamais et sont en train de se perdre. Dans une économie mondialisée, aucune solution miracle.

      Dans quels secteurs la France joue encore une place ou pourrait en jouer une ?

      Le luxe, le tourisme, les services, l'agriculture, la culture et les technologies de pointe. La dénomination de ces secteurs peut être redondante (par exemple, le tourisme du luxe).

      Ce sont ces secteurs qu'il faut aider ou préparer davantage que les autres.

      Quelques mesures :

      -          Développer l'anglais dès l'école maternelle. On peut le déplorer mais la France va devenir un EuroDisney géant pour les étrangers. Les étrangers doivent être bien accueillis et la population doit parler anglais. Et l'apprentissage de l'anglais doit continuer tout au long des études : LV1 obligatoire, matière obligatoire dans tous les bacs, enseignement qui perdure en faculté. Valorisation d'un recrutement de professeurs venant de l'étranger (tout le monde le sait, nos enseignants ont un fort accent et on a tous appris sur du Shakespeare alors qu'aucun anglophone ne parle ce type d'anglais).

      -          Développer l'apprentissage du chinois et valoriser les excellents programmes Erasmus, en veillant toutefois à ce que les francophones ne se retrouvent pas entre eux, autant que faire se peut.

      -          Vu le coût des deux premières mesures, il va bien falloir faire des coupes. Philosophie, géographie, psychologie ? Certes, c'est une atteinte à la culture générale mais le rôle de l'école est quand même aussi de préparer à un métier. Et quel métier peut-on trouver en France ? Psychologue ? Songeons peut-être au sport, car franchement à quoi bon faire des tours de stade quand on est élève au collège ? Ou lancer un disque ? Faire des barres parallèles ? Vous allez dire « la santé ! ». Ce sont plutôt aux parents, aux associations, aux communes et au ministère de la santé de s'occuper de ceci.

      -          Créer une sorte de CAP/BEP pour bons élèves. De nombreux parents refusent que des ados doués à l'école aillent dans ce type de classe alors qu'ils n'ont qu'une envie : être bijoutier, coiffeur, cuisinier, couturier, cordonnier (on les disait mort et regardez le travail de ces derniers en pleine crise !)... Alors, il y a bien les bacs pro mais les parents poussent leurs gosses à s'emmerder jusqu'à un bac général... Pourquoi pas une école nationale recrutant à partir de la 3ème, 2nd ? Ces gosses-là sont mûrs pour avoir de tels projets et ambitions.

      -          Aider par tous les moyens le bio. Avec la surface agricole française, on devrait pouvoir s'auto-suffire en bonne partie en bio et même exporter.

      -          Baisser la TVA sur la restauration et tout ce qui touche au tourisme.

      -          Les musées nationaux et locaux doivent être gratuits. On n'a pas à payer 9 euros pour aller voir le Louvre. Ca attirera les tourismes et ça sera une contrepartie utile aux lacunes que nos « coupes » engendreront dans l'éducation nationale : à commencer par le latin et le grec, qui servent à faire surtout des classes d'élite (élite qu'on ne retrouve pas forcément plus tard).

      -          Continuez à promouvoir les « pôles d'excellence » et les incubateurs d'entreprise.

      Ces mesures ont un coût que je suis bien incapable de chiffrer. Mais de toutes façons, ceci risque d'arriver un jour vu l'état de nos finances publiques :

      -          Augmenter l'impôt sur le revenu (mais supprimer l'ISF et la redevance télévision) proportionnellement et le faire payer par tous, y compris une somme modique.

      -          Augmenter les droits de succession. Quand un quinqua touche un truc à la mort de sa mère, on ne va pas le plaindre s'il doit payer 1500 euros de plus...

      -          Augmenter la TVA d'un point. C'est impopulaire mais cet impôt est redoutable.

      Ce type de mesures prend du temps. Or, nous sommes dans une société de court terme, qui veut tout, tout de suite et sans efforts. Le grand soir est un concept qui m'est inconnu. Faisons plutôt des petits pas.

       

      11.04.2009

      Tu me liras jusqu’à ma mort ! (ou la tienne)

      Mes loulous, vous avez été plusieurs à m'écrire en commentaire, par mail, sur facebook (mon profil de blogueur et déconneur est Benjamin Cédéaim au passage, je garde désormais mon vrai profil pour les relations professionnelles).

      Vous avez été très gentil après un commentaire un peu limite d'un mec sur mon billet précédent. Je ne l'ai pas censuré car je me suis dit « après, ça les excite encore plus ! » et parce qu'il s'en prenait à moi, et non à vous. Certains parmi vous y voient des menaces de mort. Vous n'y êtes pas, ce n'est qu'un braillard de plus. Quoi qu'il en soit la menace de mort est un délit, punie de 3 ans de prison et 45000 euros d'amende ou même 5 ans de prison et 75000 euros d'amende s'il y une condition pour cesser la menace (ici, ça serait « Et puis si tu continues en ce sens, c'est ton blog qu'on va fûmer et pourrir aussi ») : articles 222-17 et 222-18 du code pénal.

      Mais ce qui m'inquiète, et je rebondis sur un billet de l'Hérétique, c'est toute cette violence. A quoi bon tout ceci ?

      Je me suis fait traiter de « connard » parce que je ne suis pas de gauche et que j'ai donné mon avis en lisant un blog de « professeurs » de l'éducation nationale.

      Et ces courriers avec des balles que des gens envoient.

      Des menaces de mort contre Charlie Hebdo.

      Et Philippe Douste-Blazy et Bertrand Delanoë poignardés.

      Et George Besse, Harvey Milk , Kennedy, Gandhi, Henri IV...

      Il y a pas mal de déséquilibrés. Ca fait peur parfois. Mais ça ne doit pas empêcher de vivre, de sortir, de s'exprimer, de bloguer. Un blog, c'est personnel. Si ça ne vous plait pas, au lieu de perdre votre temps, allez ailleurs. Les lecteurs ou les autres blogueurs font souvent tout un flan pour rien.

      Pour conclure, si je vais être silencieux ces jours prochains, ce n'est pas parce que je vais mal (tout va bien) ou que je n'ai rien à dire (j'ai vu à la télévision que Mme Obama plantait des myrtilles bios dans le jardin de la Maison Blanche, quelle information à commenter !). Non c'est parce que je fais deux voyages de suite à l'étranger. A bientôt !

       

      06.04.2009

      L’arrivée des élections ou la fin de l’hibernation des poujamodémistes.

      Pour comprendre ce billet, il faut tout d'abord lire un de mes billets parmi les plus controversés : avez-vous la chance d'avoir des poujamodémistes chez vous ?

      Plus que par le printemps, ce sont par les élections européennes, que mes amis les poujamodémistes sont de retour.

      Leur empire contre-attaque à partir d'une de leurs bases-arrières, reculées au fin fond d'un canton, celui du MoDem-Fronton. Le pire est que le leader ( ? ) est sympa : je le prenais pour un bisounours. Avec ce billet, il est tombé du côté obscur de la force et se retrouve vulnérable comme une dinde avant Noël. Ne lui en voulez pas : la frontière est poreuse. Le bisounoursisme débarassé de la câlinothérapie va au poujamodémisme comme un gant bien fait va à une belle main (petit plagiat d'un auteur au passage...).

      Pourquoi tant de haine ? Une sixième place aux élections européennes accordée à une élue, élue au second tour d'une élection municipale après que sa liste ait décidée d'une alliance avec la droite.

      Vous avez bien lu ! Une sixième, pas une première ou deuxième. Une sixième !

      Analysons plutôt le contenu même du billet du « MoDem-Fronton », écrit par un nouvel adhérent qui a adhéré en politique avant que je n'entre en faculté de droit (comptez, c'est fastoche...) :

      -          « Notre implication n'a pas pour objectif une quelconque extériorisation égocentrique récompensée par un quelconque mandat électoral mais bien la volonté de construire ensemble des projets ambitieux et durables pour nous, citoyens, et nos enfants ». Paf ! Dès le début, le coup des élus. Ceux qui veulent être élus sont pourris alors qu'eux sont des grands génies le cœur sur la main qu'on attend tous pour sauver la planète.

      -          « Tous les requins se battent pour occuper des mandats lucratifs en étant de toutes les élections, en cumulant les mandats si nécessaire mais combien ont participé dans l'équipe sur le terrain ! ». C'est bien d'écrire ça, ça va faire plaisir à deux-trois internautes demeurés et c'est gratuit. Une petite tartine de poujamodémisme au cas où vous n'auriez pas compris leur vision manichéenne : les purs primo-adhérents contre les vieux mammouths.

      -          « C'est pourquoi, nous, militants du Canton de Fronton ». J'adore l'utilisation du « nous de majesté » qu'on utilise en droit à la place de « je ». Qui est cette masse puissante, organisée et compacte d'adhérents d'un canton reculé ? Pour l'anecdote, je vis à 15 km de Fronton justement. Donc sommes-« nous » les « adhérents d'à-côté de Fronton » ?

      -          « A la demande des militants, deux saisines et de nombreux mails ont été adressés aux instances nationales afin de les alerter ». Quels militants ? Encore cette propension à vouloir donner du nombre là où il n'y a qu'un groupuscule. Reconnaissez-ceci : je vous gonfle mais quand je m'exprime, je parle pour moi, pas pour d'autres. Et puis les fameux « mails »... Les mails prétendument réfléchis sont aux poujamodémistes ce que sont les manifestations violentes pour les extrémistes : une façon d'extérioriser la nullité des personnes.

      -          Ils critiquent : « la présence d'un candidat MoDem sans concertation préalable sur la liste soutenue par l'UMP lors des sénatoriales 2008 » (inutile de mettre « UMP » car si ça avait été le PS, personne n'aurait gueulé), une « défaillance du président du MoDem 31 ayant entrepris des actions sans aucune concertation préalable » (alors là, ça me fait bien marrer car ce sont eux qui l'ont élu puis combattu), « le choix du représentant de la Haute-Garonne sur la liste européenne Sud-Ouest du MoDem (1 des 3 élus MoDem de Toulouse, mandat obtenu grâce au soutien politique de l'ancien maire UMP de Toulouse et non pour un projet commun) » (encore une couche UMP pour les plus demeurés des lecteurs, c'est plutôt bien vu...).

      -          Pour conclure, le best-of : « Sans les sympathisants, adhérents, militants, fidèles de la première heure du MoDem, répondant à l'appel citoyen de François Bayrou lors des présidentielles de 2007, appelés les « primo-adhérents », le Mouvement Démocrate retrouvera les 5% de l'électorat de l'UDF contre 17% en 2007 ». Une troisième allusion à la droite est présente en évoquant l'UDF, dont ils dénigrent tous les succès que ce parti ait pu avoir. Ce sont pourtant les militants de la nouvelle UDF, les « fidèles de la première heure » car sans eux, pas de campagne 2007 mais bon, passons... Et de nouveau une glorification des « primo-adhérents » comme si c'était une appellation d'origine contrôlée. Apparemment le sel des hommes en ferait partie. Et tous les leurs seraient les meilleurs, les autres étant bons, soit à être élus, soit à fabriquer un téléphone avec une ficelle et deux pots de yaourt (vides s'il-vous-plait, sinon ça ne marche pas).

      J'ai bien fait de ne pas renouveler ma cotisation...

       

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