28.05.2009
L’Europe vaut bien un collier de coquillettes…
Barrejadis m’a refourgué entre les pâtes, une chaîne exigeante mais qui va m’obliger à lire le programme du MoDem. Il a péremptoirement annoncé que cette chaîne ne m’intéresserait pas, puisqu’en général, je suis un gosse bon à faire des colliers avec des coquillettes…
Passons, je ne sais pas ce que devient le MoDem, je vote pour ce parti et puis c’est tout. C’est politique, stratégique, par fidélité et par espérance. Alors voyons-voir ma compatibilité avec le programme du Mouvement Démocrate.
Chapitre 1 - Répondre à la crise (4 propositions) : d’accord 4/4 mais je n’ai rien compris à la « politique européenne de l’emploi ». Autant me demander : « voulez-vous du soleil pendant vos vacances ? ». Quant à l’emprunt, ok mais pour investir dans de grandes infrastructures à dimension plurinationale : axe TGV Barcelone-Berlin-Prague, par exemple.
Chapitre 2 - Pour une solidarité économique européenne (6 propositions) : d’accord 5/6 en désaccord avec l’harmonisation fiscale de l’épargne et des sociétés. Il me semble que ces questions supposent l’unanimité des pays membres. Donc, ce n’est pas demain que l’Irlande, par exemple, va augmenter son impôt sur les sociétés. Ainsi, pas de point pour promesse électorale irréalisable en l’état actuel des traités.
Chapitre 3 - Pour une régulation de la mondialisation (6 propositions) : d’accord 4/6 car puisque la France est dans le G8 encore quelques temps, autant le garder… Et c’est quoi cette monnaie internationale ? L’euro n’en est pas une ?
Chapitre 4 - Modèle social européen (9 propositions) : d’accord 8 sur 9 sauf pour les « services publics ». En bon libéral que je suis, je ne suis pas un fan de la SNCF, d’EDF et de la Poste… Plus que la politique familiale, un des moyens pour soutenir la natalité est bien l’immigration mais ça, c’est tabou… Et laissons les homosexuels accéder à la procréation médicalement assistée, tabou aussi…Pourtant une proposition s’intitule « lutter contre toutes les discriminations ».
Chapitre 5 - Développement durable (11 propositions) : d’accord 11/11 mais autant demander « Tu veux boire de l’urine ou de l’eau de source ? ».
Chapitre 6 - Agriculture et Pêche durables (7 propositions) : d’accord 6/7 car on va faire quoi des excédents si on ne les brade pas en dehors ?
Chapitre 7 - Europe des Citoyens (8 propositions) : d’accord 7/8 sauf sur le service civique pour les jeunes européens. Encore une idée conne de Bayrou qui nous recycle sa proposition idiote de la présidentielle. Avec toutes leurs études supérieures, leurs stages, leurs difficultés à trouver un travail, les jeunes ont autre chose à foutre. Je suis las des idées pétainistes disant qu’il faut que les jeunes ont besoin d’être éduqués comme le faisait avant l’armée…J’ai autre chose à foutre que trier des papiers pour qui que ce soit ou nettoyer des chiottes.
Chapitre 8 - Protection des Droits (5 propositions) :4 sur 5. Moins un point car l’Union Européenne a déjà beaucoup fait pour cela, en complément du Conseil de l’Europe. Et ce n’est pas dit.
Chapitre 9 - Protection des Identités (4 propositions) : d’accord 3/4 car il faut apprendre l’anglais dès la maternelle et le chinois dès le collège. Aux Pays-Bas, dans les Emirats Arabes Unis, ils parlent tous l’anglais et leur langue et ils n’ont rien perdu de leur identité. Erasmus, c’est bien mais les bourses sont déjà présentes, sauf pour les classes moyennes. J’ai un pote qui bosse là-dedans pour faire partir les étudiants : il me confirme que c’est surtout une agence de voyages et que les Français restent entre eux. Alors à réformer avant tout.
Chapitre 10 - Voix européenne dans le monde (4 propositions) : 3 sur 4 : je suis bien d’accord avec tout, sauf que la Turquie doit faire partie de l’Europe. Il fallait y réfléchir avant d’élargir jusqu’à Chypre ou les pays baltes… Mais il faut vite faire des noyaux durs avec l’Allemagne, le Bénélux, l’Italie et d’autres de bonnes volontés. L’idéal aurait été d’approfondir avant d’élargir.
Chapitre 11 - Développement Pays pauvres (5 propositions) : d’accord 5/5 et que « la Paix soit sur la terre… »
Soit 60 propositions acceptées par bibi sur 69 soit 87 %. Bon j’espère qu’Oaz sera content et que Claudio aussi. Mais si l’idée de cette chaîne est bonne, je ne vois pas comment quelqu’un peut s’opposer en masse à ces propositions. Ce catalogue est flou et autant demander à un gosse s’il préfère manger du chocolat ou recevoir un coup de bâton…
Cette chaîne est une telle corvée que je vais la coller à mes marre-tirs : Dr No, Ma vie en Narcisse, Christophe Ginisty et tant qu’à faire, gardons des gros poissons : l’Hérétique et Hypos.
15:02 Publié dans Les coassements de la Blogo | Lien permanent | Commentaires (15) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : europe, barrejadis, union européenne, programme mouvement démocrate
22.05.2009
Anonymat ou pas, à chacun ses raisons
Enfin une chaîne qui m’intéresse, tagué par Hypos pour traiter de l’anonymat.
C’est un peu un marronnier de la blogo : des blogueurs non anonymes critiquent ceux qui ne le sont pas. Je comprends leurs arguments mais, en ce qui me concerne, les miens sont plus forts. C’est marrant mais Dr No, qui n’était pas anonyme avant, menaçait un autre anonyme, l’Hérétique, de dévoiler son ou ses identités (pour moi, il n’y en a qu’une). Puis, il a perçu que l’anonymat protégeait son métier. Il affirme pourtant que tout le milieu de la blogo sait qui il est, ce qui est vrai.
Alors, voici pourquoi je défends l’anonymat.
Tout d’abord, il existe des professions où il faut faire attention à ce que l’on dit : enseignant (c’est mon cas encore un peu), artisan, commerçant, autres salariés de la fonction publique (hé oui, le devoir de réserve s’applique plus haut est le poste dans le public). Je n’ai pas envie que mes étudiants, mes collègues, les professeurs tombent sur mon blog en tapant mon nom sur google.
Ensuite, qu’on le veuille ou non, les non-anonymes ont un petit égo : ils aiment se faire connaître, veulent parfois accéder à certaines professions (bien qu’avoir de l’ambition, ce n’est pas une honte en soi, tant qu’en ont est pas dévoré) ou pour se faire connaître politiquement. Ils candidatent après à des postes, faisant croire que leurs blogs sont lus, ce qui est faux, en général…
Enfin, l’anonymat permet de développer des idées plus poussées, tranchées et osées. Imaginons qu’un jour je fasse un blog non-anonyme. Et bien, soyez assuré qu’il sera plus fade, plus consensuel. Ce n’est pas une honte en soi, mais reconnaissez que ce ne serait pas ma « touch ».
Après, il ne faut pas se cacher derrière son anonymat pour balancer des propos diffamatoires, injurieux, pénalement répréhensibles.
En ce qui me concerne, mon anonymat me préserve des inconnus, mais à partir du moment où vous lisez ce blog régulièrement ou par intermittence, vous ne l’êtes plus. Vous pouvez m’envoyer un mail, vous pouvez être mon pote sur mon deuxième profil facebook (et croyez-moi dans celui-ci que j’expose davantage mes idées politiques et ma vie privée). Tout le monde sait qui je suis au modem local et je papoterai avec plaisir avec tout lecteur dans une rencontre de circonstances ou dans des évènements du parti.
Taguons quelques anonymes : Guillaume D. (qui lui aussi a fait deux profils facebook, c’est lui qui m’en a donné l’idée), M. et Alluvions, puis deux qui « s’assument » Julien et Raphaël.
23:25 Publié dans Les coassements de la Blogo | Lien permanent | Commentaires (31) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
15.05.2009
France changes as a snail
Un vaillant petit escargot ! Voilà à quoi se résume notre pays. Mais la France change à son rythme.
Je papotais dans l’avion avec un néo-zélandais (habitant dans le Gers) qui avait vécu il y a 20 ans à Lille. Il me dit que non seulement nous étions loin d’être si nuls en anglais mais que nous avions évolué. Nous étions devenus beaucoup plus cosmopolites et moins chauvins.
A Dubaï, je papotais avec un franco-anglais, né à Londres, de parents français. Il n’a jamais vécu en France, sauf 6 mois en stage à Orléans. Il avait une image très caricaturale de la France en évoquant les séquestrations de patrons et les manifestations mais trouvait que nous arrivions toujours à nous faire entendre dans le monde.
Lors de mon séjour, je fus étonné d’une chose : les Français restent entre eux comme un tas de moules sur un rocher. C’est humain après tout… On critique ici les étrangers qui ne s’adapteraient pas à notre pays. A Dubaï, les « expat », souvent financièrement aisés et ayant souvent voté en masse pour Nicolas Sarkozy, ont deux soucis : « Qui a pu ramener du saucisson pour l’apéro ? » et « Je prends à boire ». Les expat ont adoré deux éléments de mon catalogue d’idées, à savoir apprendre l’anglais dès la maternelle et même le chinois au collège. Ils expliquent qu’ils perdent des marchés parce que d’autres sont meilleurs en anglais qu’eux (les néerlandais et les émiratis sont tous bilingues, ont-ils perdu leur culture pour autant ?). Ils expliquent aussi qu’ils ont du mal à recruter des Français, justement à cause de leur manque de maîtrise de l’anglais. La France devient aussi une terre d’émigration, voilà une des solutions à la crise : « Go West (or East) ! ».
Dernier point et petit lien pour un billet du Monde qui relate des témoignages de gays, dans leur travail. Les plus curieux liront Christie au temps peu après les débuts du Castro. Au niveau des mœurs, la France a en effet changé, mais toujours lentement, et il y a un peu de bave qui reste sur les côtés.
19:31 Publié dans Débats et réflexions têtarnisantes | Lien permanent | Commentaires (16) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
07.05.2009
Nicolas Sarkozy, l’occasion manquée
Il est toujours délicat d’évoquer le Président de la République sans sombrer dans une critique systématique et stérile, surtout lorsque le blogueur est à gauche ou démocrate. L’anti-sarkozysme a pourtant en son sein une faille : celle de croire que cela permettra de convaincre les Français que le titulaire de la fonction est un personnage médiocre. Cela ne marche pas car les Français sont adeptes du clivage et des choses tranchées : ou ils sont déjà anti-Sarko et rien ne les fera changer d’avis ou ils ne le sont pas, et dans ce cas-là, ils se foutent de ce type d’opinion.
Pourtant, Nicolas Sarkozy est une occasion manquée pour la France et surtout il a complètement manqué la conduite de son pays.
Contrairement à certaines personnes, par exemple des classes populaires qui ont été séduites par ce personnage puis déçu après l’élection, j’ai eu la chance d’être déçu dès son passage au Ministère de l’Economie et des Finances. Sa campagne puérile et démagogique m’a poussé dans les bras de la gauche, allant jusqu’à me faire voter pour Mme Royal afin qu’il ait le score le moins haut possible.
Quoi qu’il en soit, ce personnage m’a séduit : son volontarisme, sa fidélité a priori à ses convictions et en tout cas à son entourage, son énergie, sa présence malgré son physique et sa verve rafraîchissante dans une société dans laquelle tout doit être aseptisée et rien ne doit être dit. J’aime bien ses « dérapages verbaux » à l’instar de ceux d’autres hommes politiques comme Ségolène Royal. Je déteste par-dessus tout les propos fades, par exemple ceux de François Bayrou (parfois) et François Hollande (quasiment toujours), propos qui les font passer pour ce qu’ils ne sont en rien : des mous.
Néanmoins, Nicolas Sarkozy a raté beaucoup de choses, tant ses politiques menées (le pire pour moi, c’est le paquet fiscal) que dans sa façon de présider. Il n’a toujours rien compris à la fonction de Président, et sûrement à la France (il raisonne comme un français de l’étranger). C’est ma dernière lubie : il aurait été le Premier Ministre que la France a toujours eu besoin. Il aurait été un Premier Ministre de deux-trois ans et le pays s’en saurait bien porté. Mais sa grandiloquence et sa soif d’être utile surtout à lui-même font qu’il a voulu devenir Président de la République.
18:24 Publié dans Débats et réflexions têtarnisantes | Lien permanent | Commentaires (12) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : sarkozy bayrou royal
03.05.2009
La paresse intellectuelle, meilleure amie de toutes les communications
A chaque sujet du 20 heures, une inflation législative : une loi est faite à la va-vite. Mal rédigée vu le peu de parlementaires qui y travaillent, bavarde, sans norme. Après les lois mémorielles voulant réécrire l’histoire, la cagoule débarque.
A chaque sujet sur un ministre, une impression qu’il travaille. Les absents médiatiques ne travailleraient pas.
A chaque sujet sur une fermeture d’entreprise, un débat national : en famille, au bar, sur un marché, au travail. Une fermeture d’entreprise ou une délocalisation concernant 1 000 salariés engendre plus d’intérêt que 100 000 contrats précaires non-reconduits. Pourtant, les anciens titulaires de ces contrats savent rester dignes, sans saccager un service public et sans réclamer du gouvernement qu’il change l’eau en vin.
A chaque action municipale, telle un référendum municipal, l’attente d’une médiatisation est bien plus importante que le but d’en faire un outil de démocratie locale.
A chaque billet houleux d’un blogueur, une introspection du lecteur par rapport à son cas personnel. Aucune hauteur de vue.
Où est ce qu’on doit appeler « l’intérêt général » dans notre société ? Ce n’est pourtant en aucun cas l’intérêt médiatique.
08:53 Publié dans Débats et réflexions têtarnisantes | Lien permanent | Commentaires (18) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note



