15.06.2009

Le bonheur est dans mon pré

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Pas de politique aujourd’hui mais un billet intime avec une réflexion sur un mode de vie : la vie en milieu semi-rural. C’est un peu impudique ce genre de billet, mais après il y a toujours un commentateur blaireau qui balance « toi qui te cache derrière ton anonymat ». Ce blog va parfois être plus intime car pour la première fois, via facebook, je fais un peu de promo auprès de mes amis (ma famille n’a jamais su que je tenais un blog, non pas que je m’en cache mais parce que je n’ai pas pensé à leur en parler).

En septembre 2008, j’arrive dans un village de 4000 habitants, à 35 km de Toulouse : Verdun-sur-Garonne (Le MoDem est arrivé 6ème, avec 6,92 %). Gérant une rupture plus une baisse de salaire de 300 euros, je décide d’emménager dans un T2 plutôt que de prendre un studio sur Toulouse. Comme je travaille beaucoup à la maison, je préférais le confort plutôt qu’être à Toulouse-même et mal logé.

Lorsque mes potes sont venus, certains, dès mon déménagement, faisaient une mine particulière, affirmant que c’était « loin » ou expliquant qu’ils ne « pourraient pas, eux ».

Ils ne me donnaient pas 3 mois : moi, l’urbain, le bringueur et qui adore toujours recevoir.

Ce mode de vie comporte en effet des inconvénients :

-Coût en transport. Certaines personnes, croyant économiser sur le loyer, paie une facture de pétrole salée et de la fatigue supplémentaire. Dans ma résidence, je vois des gens qui y restent juste quelque mois à cause de ça. Bon je me déplace quand je peux en train, la fac me payant la moitié de l’abonnement (je ne le prends pas assez souvent pour que ce soit rentable mais je ne le savais pas encore). Ce type de mesure devrait être fait dans toutes les entreprises, crise ou pas…

-Eloignement des festivités : il faut dormir sur Toulouse quand on fait une grosse bringue et on rate des soirées en étant loin. Et inutile de vous dire que pour la vie affective, dans la tête des urbains, en vivant ici, c’est comme si je vivais au Népal. Nous sommes dans une société du moindre effort, même par amour, les belles histoires « à distance » (40km ici à peine) ne se retrouvent que chez Delarue…

-Manque de certains commerces très spécialisés et de certains services publics. Si une famille a un fils à la fac à Toulouse, un au lycée et un autre au collège, ça serait l’enfer…

Mais ne voulant pas écouter ces cassandres, je décide de relever ce défi, me prenant un peu pour Dr Quinn qui débarque à Colorado Springs.

J’avais conscience de certains bénéfices immédiats : une économie de près de 200 euros sur le loyer (ils ont trop construit ici et que les prix ont plongé) et une taxe d’habitation diminuée de plus de 40%, un jogging quotidien le long de la Garonne, le marché du vendredi… Mais cela ne suffit pas à faire le bonheur. Et je ne savais pas encore que j’allais y gagner sur d’autres plans.

Côté culture. Je me suis inscrit au théâtre, pour retrouver un esprit de troupes. Nous jouons ce samedi, à 20h aux Halles. Je me suis porté volontaire pour tenir une fois par mois la caisse au cinéma. Je vois donc un tas de films, gratuitement, bien qu’avec un mois de retard environ.

Côté humain. J’avais oublié que dans un bled, quant tu fais un footing, tu croises toujours quelqu’un que tu connais. Et puis le café pris chez mon pote Gérard dans le restaurant Le dernier de la classe (un resto tenu par un gay, je le dis sans hésitation puisque Gérard, quinqua, c’est toujours assumé, ce qui est rare pour un homme de son âge). Gérard pense que des gens ne viennent pas chez lui parce qu’il est gay et il s’en fout. Nous, on y va non pas parce qu’il l’est mais parce qu’on sait qu’on sera aussi bien reçu que n’importe quel client. Il ne nous arrivera pas la mésaventure qu’on a connue dans un resto toulousain. Et puis j’ai des amis formidables toulousains qui viennent me voir, ils n’ont ni la peur, ni l’avarice de rouler : alors je reçois presque autant qu’avant. Je me suis fait aussi un ami du Tarn-et-Garonne, qui a le cœur gros comme les plaines du Colorado.

Beaucoup d’analystes considèrent que ce mode de vie est fini : avec l’augmentation du prix du pétrole, les gens vont se rapprocher de la ville. Et cela a un coût écologique comme le soulignerait notre lecteur-blogueur des plus fidèles de ce blog : Florent.

Mais pour des gens qui travaillent chez eux, grâce par exemple au télétravail, c’est faisable. Je suis convaincu qu’on peut être heureux dans n’importe quel coin de France. La France ne se limite pas à Paris et Montpellier. Mais là aussi, mon côté libéral ressort : il faut prendre sur soi et se bouger soi-même pour que la vie soit réussie.

Ce fut vraiment une excellente décision : 9 mois réussis grâce à la générosité des autres et je les remercie.

(Photo personnelle, à 400 m de chez moi :-) )

Trackbacks

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Commentaires

Toi en docteur Queen, je vois ça d'ici... xD

Je pense que ce mode de vie est possible même sans télétravail. Par exemple si la gare est proche (moins de 5 km) le "coût écologique" comme tu dis, est sûrement bien moins élevé que l'intégral voiture (ne serait-ce que ceux qui habitent à 15 bornes de Paris et qui passent la matinée dans leur bagnole tous les jours).
Mais au-delà, l'enjeu c'est de rapprocher les lieux de travail et de résidence, ça ne veut donc pas forcément dire que les gens doivent à habiter à Toulouse mais que des entreprises peuvent s'installer en périphérie elles aussi. Après, ça dépend aussi du type d'activité évidemment...
Il y a des tas de choses sur l'aménagement du territoire, le problème c'est qu'il y a une inertie énorme et qu'il faudrait commencer tout de suite, or en France on attend tjrs d'être au pied du mur, jms aucune anticipation :-(
J'ai une drôle d'impression, on n'en avait pas déjà parlé ?

Ecrit par : florent | 15.06.2009

Tu vois que j'avais raison ? Ce billet EST formidable :D

Et je dois dire que je te comprends tout à fait.

Je suis né en ville (de taille entre Brest et Rennes), j'y ai vécu 18 ans. Ensuite je suis parti à Milan (notre Paris économique et fêtard à nous) pour mes études.

Les aléas (et les choix) économiques et de vie ont fait que je me suis retrouvé d'abord dans une petite ville (15.000 hab) à 40 min de la Grande Ville, puis dans un bled de 2000 hab.

J'ai depuis changé deux fois de maison (et une fois de pays) mais je suis resté, par choix dans des petites bourgades (2.500 hab les deux).

Oui, il y a un coût (économique et aussi écologique en terme de voiture, indispensable pour une famille).

Mais, déjà, on trouve des bons compromis (ex. le fait de faire bcp de km pousse à chercher des voitures peu gourmandes) et la qualité humaine de vie n'a pas de comparaison.

En somme, le rurbain s'assume.

Ceci dit, je suis bête : pourquoi commenter ? Je vais mettre un article sur skep comme ça je te fais un lien ;-)

Ecrit par : Claudio Pirrone | 15.06.2009

Franchement, ce n'est pas pire que d'habituer en banlieue parisienne (si on fait abstraction du cout du transport auto -et de son impact CO2).

Mon père habite à 30 km de Paris et n'y va... jamais ! En plus le cadre est nettement moins cool que le tien :)

Perso, c'est le genre de plan que j'aimerais, l'idéal étant entre Albi et Toulouse (Saint Sulpice par exemple)

Ecrit par : KaG | 15.06.2009

ça donne envie de venir !

Ecrit par : Lancelot | 15.06.2009

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Bonjour

Désolé pour ce com sérieux.

Voici un blog néo-nazi hébergé par Hautetfort :

http://konigsberg.hautetfort.com/trackback/2227210

Merci de réagir de votre côté en dénonçant son contenu, comme l'ont déjà fait plusieurs blogueurs...

Amicalement
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Ecrit par : Chriz | 15.06.2009

A Florent : tu as tout à fait raison et sur tout.
On pourrait rapprocher certaines activités.
Vive le train : ici les rames sont confortables, malgré des retards. Sauf que :
- pas de train après 20h pour rentrer chez soi
- je suis obligé d'aller parfois à la gare plus éloignée de chez moi car pas d'arrêt avant
- pas de train le dimanche.
Bref, je comprends le besoin de "rentabilité" mais là je soutiens les Verts : tout dépend ce que l'on veut.
Tu vas être content : les parkings sont blindés, il n'y a jms eu autant de monde prenant le TER et la région a beaucoup investi.

A Claudio : c'est bien pour les familles. A Toulouse, ils ont construit trop de T4 par expl, or les familles veulent un jardin et il manque des T1 et T2...
Ce n'est pas écrit expressément dans ce billet, mais j'ai une difficulté supplémentaire : Verdun, ce n'est pas très "gay" ;-)

A Kag : va pour St Sulpice si tu m'offres des chocolats le jour où je débarque. Ou mieux : que tu me fasses goûter toutes les gourmandises que tu cuisines.

A Lancelot : si tu passes... Je ne sais pas si c'est ironique ou non mais cette vie a ses charmes.

A Chriz : le meilleur moyen de faire chier un blogueur est de ne pas le lire et de ne pas en parler.

Ecrit par : LCDM | 15.06.2009

Sur le 3ème inconvénient que tu cites (la vie familiale avec les contraintes des divers membres), le problème n'est pas tant le transport vers les lycées et collèges : s'il y a un réseau de transport qui a été à peu près bien pensé, c'est celui des ramassages scolaires à destination des lieux d'enseignement.
Non, le problème vient surtout des activités extra-scolaires quand il faut commencer à faire le taxi pour accompagner l'un à la salle de sport, l'autre à l'école de musique, etc.

Par ailleurs, concernant le train, ce qui est impressionnant, c'est le gouffre qui sépare les aménagements en Ile de France et ceux de la région toulousaine (j'ai vécu les 2)
Je me demande comment tu arrives à utiliser le train pour aller à Toulouse...

Un exemple : Muret, une des grosses villes du département à 20-25 km de Toulouse. Le matin, pour arriver à Toulouse dans un horaire raisonnable (on va dire entre 7h30 et 9h00), il y a en tout et pour tout 5 trains et un temps d'attente sur le quai qui peut aller jusqu'à 30 minutes.
Si on prend un cas comparable en région parisienne (distance+ratio de population), par exemple entre Versailles Chantiers et Paris Montparnasse, il doit y avoir au moins un train toutes les 10 minutes...

Ecrit par : Oaz | 15.06.2009

Effectivement il y a le problème de la fréquence des trains. Mais on se rendra vite compte que la rentabilité est une fausse question. Et d'ailleurs, il est très probable que si les arrêts augmentaient, ils auraient du succès et les passagers seraient au rendez-vous.

Tu signales un point important que j'avais oublié : les parkings aux stations. Ici au niveau des RER c'est très très mauvais, parfois à peine 50 places, ça n'incite pas à abandonner la bagnole... Et j'ai connu aussi le problème à plus grande distance : une petite ville à 1h de Paris, où des dizaines et des dizaines de personnes prennent le train chaque matin pour aller travailler à la capitale ou en petite couronne : eh bien faute de place dans le minuscule parking, les alentours de la gare se retrouvent envahis de files de véhicules en stationnement toute la journée, sur plus de 300m en périphérie (peut-être même plus loin encore, je n'ai pas mesuré). Apparemment la mairie et la SNCF s'en foutent, c'est lamentable...

Ecrit par : florent | 15.06.2009

A Oaz : je dois t'avouer que je ne vais qu'une à deux fois en semaine sur toulouse... Ceci explique cela. Je pense qu'il y a plus de pb dans les TER d'Ile de France, mais je peux me tromper. Ici, c'est assez confortable. Un pb : des contrôleurs ne contrôlent pas, beaucoup de fraude sur ma ligne.

A Florent : oui, je me gare sur le parking d'un magasin de meuble et le patron en a marre... On est 10 par jour chez lui (bon, il a de la place).

Ecrit par : LCDM | 15.06.2009

Ben oui, c'est sincère ... En plus je vais de temps en temps à côté de Tarbes, c'est dans le coin ;)

Ecrit par : Lancelot | 15.06.2009

Ben oui, c'est sincère ... En plus je vais de temps en temps à côté de Tarbes, c'est dans le coin ;)

Ecrit par : Lancelot | 15.06.2009

A Lancelot : ah non, Tarbes, c'est à presque deux heures de route, soit en prenant l'autoroute par Toulouse, soit en traversant tout le Gers...
Que vas-tu faire à Tarbes ? Car, là ça me dirait moins...

Ecrit par : LCDM | 15.06.2009

la géographie n'a jamais été mon fort ;)
(j'ai de la famille là-bas, et l'endroit es tmagique)

Ecrit par : Lancelot | 15.06.2009

Le bonheur est vraiment dans le pré.
Tiens un truc qu'il faut que je partage.
pour nettoyer ma salle de bains, nettoyer, désinfecter et faire briller.

Une cuillerée à soupe de bicarbonate de soude, quelques gouttes de vinaigre blanc (vinaigre d'alcool), ça pétille, tu frottes, ça ça dégraisse, ça enlève le tartre, toutes les traces de savon et de calcaire, les odeurs et , en prime :
ça brille comme dans les pubs..
Un vrai bonheur!

;-D)

Ecrit par : Christie | 15.06.2009

Les trains...De grosses galères tout de meme en région Parisienne sur certaines lignes, des retards fréquents, et pour les banlieusards obligation de passer par Paris pour la plupart des connections, pas la panacée.
Certains passent plus de deux heures par jour dans les transports en commun.

Ecrit par : Martine | 15.06.2009

Ah la vie à la campagne... Bon ce que tu nous décris, c'est quand même le compromis ville-campagne. A 40 bornes de Toulouse, tu as quitté la grande ville, mais tu y restes quand même connecté.

Je ne suis pas sûr que tu te sentirais si bien si tu étais vraiment éloigné d'un grand centre urbain.

Moi, je suis un gars de la campagne qui adore la ville. La campagne ça a aussi plein de côté chiants.

Comme tu le dis, c'est sympa tant que l'on a pas des km et des km à faire pour accomplir tous les incontournables d'une vie familiale avec gosses (courses à l'hyper, courses en zone commerciale, activités sportives et culturelles des gosses, école, collège, lycée...). Et puis le côté "tout le monde se connaît" c'est sympa, mais ça peut aussi être très pesant. Rien de pire que la circulation des ragots dans une petite ville...

Reste une certaine simplicité dans les rapports humains, une solidarité plus présente qu'en ville, la vraie nature... je crois que ça reste quand même l'une des plus belles choses que de grandir à la campagne.

Et puis tu as raison, la ville, séduit plus par son potentiel que par ce que l'on y fait réellement. On est surtout content d'avoir plein de services et d'activités à dispo, même si l'on fréquente tjs les 2 ou 3 mêmes bars, que l'on ne profite de l'offre culturelle qu'une ou deux fois par trimestre... et qu'en ayant tout à portée de la main, on passe quand même autant de temps dans sa bagnole qu'à la campagne.

Ecrit par : Bob | 15.06.2009

A Christie : on en trouve à l'hyper du bicarbonate de soude ?

A Bob : ah oui en milieu rural, genre un bled de 100 habitants dans la Lozère, je ne pourrais pas. Mes parents ont une résidence près du Mont Aigoual, j'y vais une fois par an, pour travailler...

Ecrit par : LCDM | 15.06.2009

Dis donc, mon crapaud, je ne sais pas si tu as vu un truc, c'est que chaque fois que je te cite dans un billet, tu te retrouves dans google actualités sous le nom de mon blog...

Ecrit par : L'hérétique | 16.06.2009

A L'Héré : ah ouais ? Je ne connais pas Google actu, je vais voir, ça peut être marrant. En tout cas, tu m'apportes des visiteurs, ça je le sais.
(re) : comment on voit ça ?
Autre question bloguesque : je ne connais pas vendredi, c'est bien ? Je ne fais de pub, les potes s'en chargent très bien pour moi ;-)

Ecrit par : LCDM | 16.06.2009

LCDM,
oui je l'achète en hypermarché,
j'en ai trouvé au rayon beauté mais j'en ai trouvé au rayon alimentaire, il me semble..
C'est tellement bon pour plein de choses:
nettoyer le four de la même façon..
Bon contre la plaque dentaire..
Bon pour blanchir le linge et donner une odeur neutre
bon pour désodoriser...

Sur internet , tu peux trouver tous les trucs possibles avec le bicarbonate de soude..

Et ce n'est pas cher additionné au vinaigre d'alcool, ça fait un produit défiant toute concurrence.
De quoi mettre en faillite pas mal d'industrie chimiques polluantes...

;-D)

Ecrit par : Christie | 16.06.2009

Cela me fascine

Manque plus qu'une yourte et c est into the wild

Into the small town, je vois bien un roman

Ecrit par : Disparitus | 16.06.2009

Haha, j'ai un oncle à Verdun sur Garonne

Bon plus sérieusement je voulais écrire un article sur le sujet, car je pense que nous allons subir un certain retour à la campagne dans les prochaines décennies.

Maintenant je ne sait pas si j'aurais la motivation

Ecrit par : vincent15 | 17.06.2009

A Disparitus : si un jour je devais écrire ma bio, ça serait marrant mais ça manquerait de drame.

A Vincent : mais si ! Si on ne devait plus écrire dès qu'un sujet serait traité, on n'écrirait plus grand chose

Ecrit par : LCDM | 17.06.2009

On dirait que tu adores ton nouveau département...
Vas-tu inscrire le 82 sur la plaque de ta nouvelle bagnole?

Ecrit par : pino | 19.06.2009

Pino : je suis encore immatriculé 34 mais chuttttt

Ecrit par : LCDM | 19.06.2009

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