28.06.2009

Chui pas content !!!!

72 ! D’après Google analytics, 72 lecteurs uniquement pour mon dernier billet. Je reconnais bien les travers du net : on parle de tout, à tout-va, immédiatement mais après plus rien. Je suis sûr que si un mec, un jour, vous détaille le décret d’application de la loi Hadopi, ça n’intéressera personne alors que ça sera fondamental. Alors que n’importe quelle connasse personnalité politique féminine qui rejoindrait le MoDem, ça vous passionne...

A titre de comparaison, sur une période récente, vous êtes 480 à avoir lu « Europe écologie, l’imposture » (merci, ça m’a fait plaisir), 174 à avoir lu « La blogosphère MoDem, c’est ma choupette » (billet nul mais bon, vous adorez quand on parle de la blogo et surtout commenter dans ces cas-là : pas conne la guêpe, je vous ai mâché le travail en créant une rubrique « les coassements de la blogo ») et 194 dans « Vis ma vie à la gay pride » (ah ça, dès qu’il y a un potin ou le mot « gay », y’a du monde au balcon !).

Ne parlons même pas des lecteurs-blogueurs : ils sont gentils de me mettre en lien, mais c’est toujours pour des billets moyens, voire nuls ou encore pour des chaînes (en général, ils s’en foutent de mon avis mais ils interpellent les mieux classés dans Wikio).

Bref, je suis déçu. Vu le dernier bide, j’ai une idée : je vais tenter de réécrire ce billet mais en langage plus universitaire : avec des références pompeuses, des mots inusités mais qui font savants, pas d’humour, etc. Encore mieux : j’offre ce billet à qui le veut !

Ce thème était pourtant important, vous en parlez tout le temps à chaque élection. Bien sûr, je n’ai pas surfé sur l’actu : c’est tellement profond d’écrire ou de réagir à chaud sur la mort de Z., l’attentat de X., le mariage d’Y, la situation au W., la grippe V. (alors que plein de gosses crèvent du paludisme mais tout le monde s’en fout…). J’aime réagir à froid en laissant du temps au temps et un billet de Dr No me donne envie de parler de Véronique Courjault. Ca fera un bide : deux semaines de retard ou de réflexion pour un lecteur de blog, c’est plus que trois siècles pour un historien. Les lecteurs de mon blog seraient-ils comme des téléspectateurs de TF1 : aussitôt lu, aussitôt évacué ?

Hé bien, ici, ça sera différent : plus aucun billet tant que je n’ai pas réécrit le prochain (vu la difficulté, ça peut prendre un mois ou plusieurs) et celui d’après sera sur l’affaire Courjault. Si je n’arrive pas à écrire ce billet ? Hé bien, vous venez de lire le dernier (bon ok, je créerai un autre blog dans moins d’un an J ).

26.06.2009

Les blogs et l’article L. 49 du code électoral : la mare des doutes.

Comme vous le savez, j’ai publié un billet le jour de l’élection européenne. Or, l’article L. 49 du code électoral, modifié par la loi du 21 juin 2004 pour la confiance dans l'économie numérique (qui avait tenu compte de l’essor d’internet), dispose :

« A partir de la veille du scrutin à zéro heure, il est interdit de diffuser ou de faire diffuser par tout moyen de communication au public par voie électronique tout message ayant le caractère de propagande électorale ».

Je réfléchis à cette question depuis. On m’a même reproché, en tant que « juriste » de ne pas respecter une règle simple. Par ailleurs, un fou furieux du Modem 31 a envoyé un mail collectif, évoquant le blog d’un « éminent apprenti juriste ».

Le premier reproche est idiot. C’est comme quand vous demandez à un géographe spécialisé dans les climats de réciter toutes les préfectures de France... Mon truc, c’est la démocratie locale et non le droit des baux ruraux, de la propriété intellectuelle ou de l’occupation du domaine public… Le droit est si vaste qu’un juriste est sans cesse en apprentissage, donc je prends le second reproche comme un compliment.

En revanche, ce que savent faire les juristes, c’est chercher, douter, confronter. Vous allez me dire « masturbation intellectuelle de juristes, l’article 49 du code électoral est clair ».

Permettez-moi de tenter d’en douter, bien qu’il n’y ait que quelques personnes spécialisées qui pourraient répondre à coup sûr.

Ce qui est certain est que cet article s’applique aux candidats aux élections et donc aux candidats-blogueurs (et pourquoi pas aux blogs et sites de responsables locaux de parti, directeur de campagne, etc.).

L’élection pourrait être même annulée en cas de faible différence de voix entre les candidats. Par exemple, dans la commune de Rians, le juge administratif a annulé l’élection municipale. En effet, un colistier avait mis le samedi (veille de scrutin) sur le site internet de sa liste (et ce contre la volonté de sa propre liste, arrivée troisième, qui s’était maintenue !) un message appelant à faire barrage à une autre liste en ne votant pas pour sa liste. Arrêt du Conseil d’Etat, ici.

Donc, il ne faudrait pas qu’un candidat laisse un commentaire sur un blog. Le juge tiendra à mon avis compte de l’audience du blog en question. Mais après tout, si le candidat est trop naze pour laisser un com’ risqué ce jour-ci, est-ce le problème du blogueur même s’il est responsable ? Et puis, on peut virer le commentaire. Et il faudrait prouver l’authenticité du message.

La sanction peut-être en outre pénale, en application de l’article L.89 du code électoral : « Toute infraction aux dispositions de l'article L. 49 et L. 52-2 sera punie d'une amende de 3 750 euros sans préjudice de la confiscation des bulletins et autres documents distribués ou diffusés par tout moyen ». Il faudrait donc qu’un électeur saisisse le juge judiciaire pour faire appliquer cet article qui a mis en place un délit politique. On perçoit bien qu’il concerne plus les candidats que les autres, car les blogueurs non-candidats s’en foutent qu’ils confisquent les bulletins.

J’ai cherché à la bibliothèque universitaire ce que précisaient les manuels de droit électoral à propos des blogueurs non-candidats : RIEN.

J’ai cherché aussi dans la jurisprudence : il n’y a pas grand-chose qui nous concerne.

Quoi qu’il en soit, je doute que l’article L. 49 s’applique aux blogueurs non-candidats et ce pour plusieurs raisons.

Premièrement, le système mis en place équivaudrait à lancer un bazooka sur un moineau. On ne va pas annuler l’élection européenne parce que j’ai écrit que je voterai quand même pour la liste Mouvement Démocrate en Midi-Pyrénées, alors que je ne suis même pas adhérent. Un peu d’humilité, mesdames et messieurs les blogueurs : tout le monde s’en branle de vos blogs. Une personne devrait m’attaquer devant le juge judiciaire et devra prouver un intérêt à agir : il risque un rejet de la requête, voire une amende pour recours abusif. Et un recours devant le juge administratif n’a aucune chance d’aboutir vu la faiblesse de mon blog et la claque du Mouvement Démocrate.

Deuxièmement, je ne suis pas sûr que mon billet constitue une « propagande électorale ». La notion de propagande n’est pas clairement définie en droit. Quoi qu’il en soit, ce billet ne contient pas de « polémique électorale nouvelle » (le juge s’intéresse à cet aspect : les révélations importantes de dernière minute, empêchant une réponse des concurrents). Je n’ai pas écrit « M. X vient de faire une partouze hier soir dans telle boîte échangiste »).

Troisièmement, je me demande si la loi ayant créé l’article L. 49 ne serait pas inconstitutionnelle. En effet, nous avons une forte restriction qui semble générale. Or, la liberté d’expression est une liberté fondamentale. L’article 11 de DDHC dispose :

« La libre communication des pensées et des opinions est un des droits les plus précieux de l'Homme : tout Citoyen peut donc parler, écrire, imprimer librement, sauf à répondre de l'abus de cette liberté dans les cas déterminés par la Loi ».

Cette loi est donc en contradiction avec la DDHC, qui fait partie de notre Constitution. Or, de nos jours, la révision constitutionnelle du 23 juillet 2008 a mis en place l’article 61-1 de la Constitution (rien que pour cela, il fallait voter la révision) :

« Article 61-1. [Entrée en vigueur dans les conditions fixées par les lois et lois organiques nécessaires à leur application (article 46-I de la loi constitutionnelle n° 2008-724 du 23 juillet 2008)] Lorsque, à l'occasion d'une instance en cours devant une juridiction, il est soutenu qu'une disposition législative porte atteinte aux droits et libertés que la Constitution garantit, le Conseil constitutionnel peut être saisi de cette question sur renvoi du Conseil d'État ou de la Cour de cassation qui se prononce dans un délai déterminé ».

Il faut attendre les dispositions de la loi organique.

Je ne dis pas que ce que j’écris est juste. Une fois encore, je vous rappelle mes carences en ce domaine. Mais j’affirme que quand on veut appliquer ou non une règle de droit, il n’est pas interdit de réfléchir ou de demander une réflexion à des experts. Les blogueurs ont parfaitement le droit de bêler comme des chèvres en annonçant péremptoirement que le blog doit fermer temporairement. Mais ils ont beaucoup moins le droit, de nous conseiller, de nous imposer, voire de nous moquer à cause de leur paresse intellectuelle.

24.06.2009

Le remaniement des principes et de la morale

 

Sur Facebook, un des mes amis (un vrai pas au sens "facebook") publie un billet que je trouve pas mal du tout. Ayant la paresse d'écrire, je reprends, avec son accord, son billet. Au passage, je me demande si Facebook ne va pas amoindrir les blogs : on peut publier que pour ses amis, on peut montrer qu'on a lu un billet d'un pote juste en cliquant sur "j'aime". Mais facebook, à moins d'être ami avec la terre entière, ne permet pas d'écrire directement à tous.

Lisons donc le billet de mon ami "AC" (adhérent PS, mais quand on papote, on est souvent d'accord).

Quel remaniement !!!

 

Hier 23 juin 2009, alors que la France d'en bas dînait devant les JT, Claude Guéant, le prince qu'on sort pour l'annonce de la composition des gouvernements arrive sur le perron de l'Elysée. Quelle heureuse coïncidence! Presque tous les français ont pu en profiter "en live". Trop fort le timing!

 

Quelques changements m'ont interpellé et je vais donc en faire une critique tout à fait subjective.

 

Je ne m'étendrai pas sur le cas du neveu de son tonton car bien qu'assez mégalo, je le pense tout à fait à sa place rue de Valois. Ce serait Pimprenelle qui l'aurait soufflé à Nicolas. Surtout, Frédéric a le mérite de sortir Christine Albanel qui me faisait mal aux oreilles dès que je l'entendais... Je ne supporte pas sa voix, je ne sais pas pourquoi mais c'est comme ça. Son château de Versailles n'étant plus disponible qu'elle aille à Gon ou ailleurs...

 

MAM n'avait pas tellement envie d'aller place Vendôme et pourtant elle quitte celle de Bauveau. Je ne la pense pas moins intéressée que Rachida par ses luxueux voisins mais elle sait mieux se tenir. Quoi qu'il en soit, il a fallu lui octroyer le titre de ministre d'Etat pour qu'elle fasse ses cartons! MAM MAM IA ! Si je dépendais du ministère de la justice, je ne serais pas réjoui! Mais il fallait bien laisser la place à Brice l'ami de 30 ans de Nicolas.

 

Brice d'ailleurs... et d'Auvergne, Monsieur le député éuropéen... Elu contre son gré (il faut le faire!) au parlement européen, il devait rester ministre des affaires sociales car il faisait un excellent travail en temps de crise nous disait nounours (Xavier Bertrand --> comme Albanel, je ne supporte pas sa voix). A ce titre, il était autorisé à déroger à la règle qui assassine Rachida. Les députés UMP siégeront avait répété nounours durant la campagne! Et que se passe t'il hier? l'excellent ministre des affaires sociales n'était pas si irremplaçable que cela puisqu'il quitte son ministère et le laisse à Xavier (qui comme moi avait du mal avec la fin de l'année scolaire). Il ne va pas vers Bruxelles ou Strasbourg... Il va au plus près de son amis de 30 ans... place Bauveau !

 

Dans le genre des fausses promesses, nounours fait très fort et ne s'arrête pas là. En plus de Brice qui reste à Paris, Nora Berra est carrément débauchée du parlement européen pour rejoindre le gouvernement... au secrétariat d'Etat aux aînés! Rachida ne voulait pas d'autre charmante maghrébine au parlement ou n'y avait-il pas d'autres possibilités de minorité visible dans la maison de nounours? En tout cas, heureusement que je ne suis pas sympathisant UMP car j'aurais vraiment l'impression d'être pris pour un con !

 

Et si j'étais Niçois de droite, j'aurais doublement cette impression puisque Christian avait quitté le gouvernement l'an dernier pour se consacrer à sa mairie niçoise... que cette salade a mauvais goût !

 

Enfin, j'en terminerai avec la victoire du french doctor qui a réussi à faire sortir Rama du quai d'Orsay. Il sera plus tranquille pour discuter avec les dictateurs qui ne respectent pas les droits de l'Homme car il ne faut pas oublier que ce sont des bons payeurs et que l'argent n'a pas d'odeur! Quoi qu'il en soit, les droits de l'Homme disparaissent du gouvernement, Rama est toute contente de rejoindre Roselyne en remplacement de l'autre Bernard qui a pris la porte.

 

Voilà pour l'essentiel de ce que je voulais dire.

Bonne journée à tous et n'oubliez pas... Nicolas, Pimprenelle et Nounours s'occupent de vous !

 

AC.

22.06.2009

Vis ma vie à la gay pride

Je vais essayer de vous livrer LE billet objectif sur cet évènement.

Pour la première fois de ma vie, j’y participe : à Toulouse, samedi 20 juin, 6000 personnes.

Premier étonnement : non, ce ne sont pas des folasses avec des plumes dans le cul qui défilent. Il y a de tout : minets, vieux, invalides, danseurs, gros nounours, fils-de-fer, camionneuses, femmes d’affaire, famille (la variété se retrouvant aussi chez les nombreux hétéros venus faire la fête, accompagner un proche).

Deuxième étonnement : vive les folasses avec les plumes ! Je comprends les médias : bien sûr que ce qui est sympa à photographier, ce sont ceux qui se déguisent. Donc, j’ai fait comme La Dépêche, j’ai pris en photo les hommes déguisés en mariée, en danseuse brésilienne, en bonne sœur, en prostituée, en boa, Bree Van de Kamp distribuant des cookies… Ils sont sympa et sont là pour être pris en photo, comme les marins à Rouen pendant l’Armada

Troisième étonnement : c’est moins chiant que manifester contre l’implantation d’un incinérateur (la seule manif à la con que je me suis tapée) et on n’a pas de slogan type « CGT » : « Villepinnnnnn si tu savaiissssssss, ton CPE où on se le meeeeeeeeeet ! ».

En revanche, je ne suis pas étonné d’avoir vu le MJS (leur char était vide), l’UMP et le NPA (bien d’accord avec leurs idées sur ce thème mais il faudra qu’ils comprennent qu’on ne vote uniquement en fonction de sa vie personnelle) mais, comme d’habitude, jamais le MoDem.

A part ça, c’est vraiment quelconque : on marche pendant deux heures, à un rythme de convoi funèbre, la house, mousse, confettis en plus…

Mais pourquoi vais-je y retourner ou participer à d’autres ? La raison est toute simple : vous avez eu dans la rue, une partie de la face visible de l’iceberg.

Il manque le gros des troupes : il manque untel qui a peur de se griller auprès de ses collègues du taf, un de mes amis (32 ans !) qui ne veut pas y aller parce ce que (« ses parents regardent France 3 »), un autre malheureux depuis toujours car véhiculant sur lui-même une image désastreuse imposée par d’autres. Chers lecteurs, n’imaginez pas qu’on parle des autres : je parle de votre collègue de taf, de votre supérieur, de votre garagiste ou du flic qui vous a aligné ce matin, de votre fis ou de votre fille, de votre neveu qui risque de venir vous en parler avant d’en parler à ses parents, voire dans des cas exceptionnels, de votre père ou de votre mère.

Alors pour eux, et pour moi-même, je continuerai à y aller : oui, on risque de m’y voir, oui on risque de me taguer mon nom dans les chiottes, affligé d’un délicieux sobriquet ; mais bon, ce n’est pas la mort. Il n’y a vraiment pas de quoi en être fier, le nom de « pride » est maladroit, mais de là à se gâcher la vie…

15.06.2009

Le bonheur est dans mon pré

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Pas de politique aujourd’hui mais un billet intime avec une réflexion sur un mode de vie : la vie en milieu semi-rural. C’est un peu impudique ce genre de billet, mais après il y a toujours un commentateur blaireau qui balance « toi qui te cache derrière ton anonymat ». Ce blog va parfois être plus intime car pour la première fois, via facebook, je fais un peu de promo auprès de mes amis (ma famille n’a jamais su que je tenais un blog, non pas que je m’en cache mais parce que je n’ai pas pensé à leur en parler).

En septembre 2008, j’arrive dans un village de 4000 habitants, à 35 km de Toulouse : Verdun-sur-Garonne (Le MoDem est arrivé 6ème, avec 6,92 %). Gérant une rupture plus une baisse de salaire de 300 euros, je décide d’emménager dans un T2 plutôt que de prendre un studio sur Toulouse. Comme je travaille beaucoup à la maison, je préférais le confort plutôt qu’être à Toulouse-même et mal logé.

Lorsque mes potes sont venus, certains, dès mon déménagement, faisaient une mine particulière, affirmant que c’était « loin » ou expliquant qu’ils ne « pourraient pas, eux ».

Ils ne me donnaient pas 3 mois : moi, l’urbain, le bringueur et qui adore toujours recevoir.

Ce mode de vie comporte en effet des inconvénients :

-Coût en transport. Certaines personnes, croyant économiser sur le loyer, paie une facture de pétrole salée et de la fatigue supplémentaire. Dans ma résidence, je vois des gens qui y restent juste quelque mois à cause de ça. Bon je me déplace quand je peux en train, la fac me payant la moitié de l’abonnement (je ne le prends pas assez souvent pour que ce soit rentable mais je ne le savais pas encore). Ce type de mesure devrait être fait dans toutes les entreprises, crise ou pas…

-Eloignement des festivités : il faut dormir sur Toulouse quand on fait une grosse bringue et on rate des soirées en étant loin. Et inutile de vous dire que pour la vie affective, dans la tête des urbains, en vivant ici, c’est comme si je vivais au Népal. Nous sommes dans une société du moindre effort, même par amour, les belles histoires « à distance » (40km ici à peine) ne se retrouvent que chez Delarue…

-Manque de certains commerces très spécialisés et de certains services publics. Si une famille a un fils à la fac à Toulouse, un au lycée et un autre au collège, ça serait l’enfer…

Mais ne voulant pas écouter ces cassandres, je décide de relever ce défi, me prenant un peu pour Dr Quinn qui débarque à Colorado Springs.

J’avais conscience de certains bénéfices immédiats : une économie de près de 200 euros sur le loyer (ils ont trop construit ici et que les prix ont plongé) et une taxe d’habitation diminuée de plus de 40%, un jogging quotidien le long de la Garonne, le marché du vendredi… Mais cela ne suffit pas à faire le bonheur. Et je ne savais pas encore que j’allais y gagner sur d’autres plans.

Côté culture. Je me suis inscrit au théâtre, pour retrouver un esprit de troupes. Nous jouons ce samedi, à 20h aux Halles. Je me suis porté volontaire pour tenir une fois par mois la caisse au cinéma. Je vois donc un tas de films, gratuitement, bien qu’avec un mois de retard environ.

Côté humain. J’avais oublié que dans un bled, quant tu fais un footing, tu croises toujours quelqu’un que tu connais. Et puis le café pris chez mon pote Gérard dans le restaurant Le dernier de la classe (un resto tenu par un gay, je le dis sans hésitation puisque Gérard, quinqua, c’est toujours assumé, ce qui est rare pour un homme de son âge). Gérard pense que des gens ne viennent pas chez lui parce qu’il est gay et il s’en fout. Nous, on y va non pas parce qu’il l’est mais parce qu’on sait qu’on sera aussi bien reçu que n’importe quel client. Il ne nous arrivera pas la mésaventure qu’on a connue dans un resto toulousain. Et puis j’ai des amis formidables toulousains qui viennent me voir, ils n’ont ni la peur, ni l’avarice de rouler : alors je reçois presque autant qu’avant. Je me suis fait aussi un ami du Tarn-et-Garonne, qui a le cœur gros comme les plaines du Colorado.

Beaucoup d’analystes considèrent que ce mode de vie est fini : avec l’augmentation du prix du pétrole, les gens vont se rapprocher de la ville. Et cela a un coût écologique comme le soulignerait notre lecteur-blogueur des plus fidèles de ce blog : Florent.

Mais pour des gens qui travaillent chez eux, grâce par exemple au télétravail, c’est faisable. Je suis convaincu qu’on peut être heureux dans n’importe quel coin de France. La France ne se limite pas à Paris et Montpellier. Mais là aussi, mon côté libéral ressort : il faut prendre sur soi et se bouger soi-même pour que la vie soit réussie.

Ce fut vraiment une excellente décision : 9 mois réussis grâce à la générosité des autres et je les remercie.

(Photo personnelle, à 400 m de chez moi :-) )

11.06.2009

Après Bayrouth, les casques bleus UDF

« Bayrouth », voici le mot d’ordre de la blogosphère. Elle s’appuie en outre sur les « grands » analystes politiques des blogs politiques, qui croient que leurs blogs tiennent la route parce qu’ils singent le style journalistique.

Autant le dire, j’ai enfin pardonné à F. Bayrou et quand je vois souffrir quelqu’un, j’ai envie de le consoler. Une gifle puis un pépito, voilà ce qu’il faut aux satanés gosses…

L’avantage, pour une fois, est qu’on en avait oublié l’Union pour la Démocratie Française, véritable marronnier de nouveaux adhérents et blogueurs hystériques à la seule évocation de ce fantôme. Or, si les structures politiquent meurent, et c’est souvent salutaire, l’électorat demeure souvent.

L’électorat de centre droit a beaucoup de défauts, mais il a une qualité : sa fidélité.

Dans l’émission « C’est dans l’air », Pascal Perrineau, directeur du Cevipof a affirmé que, lors des élections européennes, c’était l’électorat traditionnel de l’UDF qui s’était mobilisé, en partie celui ayant voté Nicolas Sarkozy au second tour (ce qui fut une erreur au passage).

A vérifier et à confirmer. Mais si c’était vrai, cela signifierait deux choses.

Premièrement, l’UMP a siphonné les quémandeurs de Pur’Soup du Nouveau Centre mais pas l’électorat. D’ailleurs si le Nouveau Centre était parti seul aux européennes, il aurait fait un bide. Quoi qu’il en soit, les adhérents du Nouveau Centre avaient perçu avant tout le monde les travers de F. Bayrou.

Deuxièmement, on ne peut pas compter sur les électeurs de centre gauche. Je vise l’électorat de centre gauche et donc une grande partie de la blogosphère MoDem (sauf les derniers des Mohicans). Je les aime bien, je reconnais leurs qualités intellectuelles et humaines, mais ils ont un terrible défaut : ils sont à la fidélité ce que le concours Miss France est à la philosophie.

Au moindre prétexte médiatique ou de dîner de salon, cet électorat cherche un vote conforme à ses principes intellectuels intéressants mais utopiques : Mouvement Démocrate à condition qu’il soit à gauche, PS caviar ou encore les Verts quand ils décident de mettre la campagne dans la ville.

Au moindre prétexte « anti-démocratique » (la démocratie s’entendant bien sûr comme le fait d’être soi-même désigné), les militants de centre gauche crient au complot et trahissent à tout-va.

A la moindre attitude pragmatique, celle qui consisterait à changer le système en ayant le plus d’élus, ceci étant permis avec des alliances diversifiées, droite et gauche, les militants et l’électorat font preuve d’un sectarisme estomaquant ou d’un extrême centrisme déroutant. Je l’ai déjà dit : si on n’est pas capable de voter des deux côtés, allons au PRG ou au Nouveau Centre.

Au passage, si l’UDF avait un programme, des idées et que le MoDem passe pour ne pas en avoir, c’est qu’il ne faut pas débattre de ce que qui n’est pas « politiquement correct ».

Pourquoi l’électorat de centre-gauche est-il comme cela ? Mystère, demandons aux psychologues, politologues et sociologues. J’ai juste quelques idées : ce sont peut-être des parvenus nés dans la facilité et ils se sentent proches du peuple en votant à gauche pour se donner bonne conscience ? Ou ce sont peut-être des gens qui ont réussi en dépit de leur milieu d’origine, et ils rendent un hommage inconscient à leurs parents ? Nous le voyons bien autour de nous : la paresse intellectuelle fait que les gosses reprennent les idées de leurs parents, sauf par rébellion et sauf destin particulier. Entre le poids médiatique, l’influence des modes de scrutin et le conformisme des électeurs, la France a plus de chance de gagner à l’Eurovision que de voter démocrate.

Bref, bref, bref, malgré les œillades à gauche, la belle s’est encore dérobée sous nos yeux. Il est donc temps de retrouver nos premières amours : on aura changé entre temps, elle aussi mais le baiser du prince charmant réveillera la belle endormie.

10.06.2009

La blogosphère MoDem, c’est ma choupette

Juste un petit billet pour dire que la blogosphère du mouvement démocrate (ou celle qui s’en est lassée) a été excellente depuis la défaite (et même pendant la campagne). Digne, mûre, claire, respectueuse d’avis contraire, je voudrais vous dire que ce fut un plaisir de lire tant de billets si bons. On ne va pas les citer, même si ça m’aurait apporté des « merci » en com’. Les billets sont complémentaires : à chacun sa sensibilité, à chacun ses divergences, mais il y a eu une capacité de remise en question propre au centrisme (ou aux gens modérés si vous préférez). C’est pour cela que la blogosphère du mouvement démocrate (et même celle qui l’a quitté) a toujours été la meilleure, à mes yeux.

Sur ce billet lune de miel et doucereux à la Xavier Bertrand, un prochain billet va ressortir du congèl’ un débat qui risque profondément de vous irriter. Prenez une camomille ce soir ou demain soir, car bientôt ça pourrait péter.

08.06.2009

Entre leurs mains…

Quel bilan peut être tiré de ces élections ?

Premièrement, il y a 60 % de cons dans ce pays : les abstentionnistes. Un ami sur facebook a annoncé fièrement qu’il n’avait pas voté. Je l’ai pourri. Il a affirmé « qu’il ne se sentait pas concerné ». Avec de tels raisonnements, on ne va plus faire que des référendums locaux pour le déplacement d’une fontaine ou le changement de nom d’une rue… Notre peuple manque de hauteur de vue. Ce n’est pas la faute aux médias, à l’éducation nationale, aux parents ou aux politiques : on ne fait pas avec des ânes des chevaux de course…

Bon, au moins avec les abstentionnistes, les électeurs ne sont pas entre leurs mains.

 

Deuxièmement, la bonne campagne de l’UMP : en refusant la provocation afin de ne pas mobiliser l’électorat adverse, l’UMP a pu compter sur l’électorat âgé. La France vieillissant, l’UMP a un stock de voix acquis, électorat mal compris par le PS. Entre leurs mains : la France des octogénaires et plus.

 

Troisièmement, le succès des Verts, qui ne sont pas si verts que cela mais les Français n’en ont pas eu conscience. Néanmoins, il vaut mieux une victoire de ces derniers que des souverainistes, faisons de mauvaise fortune bon cœur. Entre leurs mains : la France d’un vote contestataire utile, qui se croit environnementaliste car elle a aimé La Marche des Empereurs.

 

Quatrièmement, la déroute du PS mais que peuvent-ils faire ? Les solutions proposées divergent… Entre leurs mains : la France inconnue.

 

Et enfin bien sûr le Mouvement Démocrate. Je suis déçu pour tous les gens qui ont milité. Le problème du Mouvement Démocrate est qu’il est entre une seule paire de mains. Ce n’est pas gênant pour tout mais là, ce fut gênant. Entre ses mains : F. Bayrou, après avoir écrit un excellent livre, s’est pris le melon et a foiré la campagne. Sa virulence contre D. Cohn-Bendit est bien une bourde et donc non préméditée, même s’il n’a pas découvert le livre récemment. J’ai bien fait de ne pas ré-adhérer à ce parti, je ne suis plus qu’un sympathisant actif. Beaucoup de personnes ont eu raison avant les autres sur l’obsession de Bayrou : pouja-modémistes, bisounours, primo-adhérents naïfs et les exilés du Nouveau Centre. Toutefois, l’orgueil d’un homme ne justifie pas et ne justifiera jamais les compromissions auprès des autres partis, les trahisons et les actions revanchardes.

07.06.2009

J’ai aimé François mais je n’aime pas Bayrou

Mais j’aime un bon nombre de militants, comme le raconte si bien Hervé dans ce billet.

Mais je n’ai rien contre les candidats et comme le rappelle Oaz, Bayrou ne se présente pas. Ceux qui dénoncent la main mise de Bayrou et ne votent pas Mouvement Démocrate lors de ce scrutin sont incohérents : ils personnalisent eux-mêmes le scrutin.

Les militants comme les candidats ont travaillé, certains n’ont pas ménagé leurs peines, avec conviction. Ils ne mériteraient pas une gifle électorale, qui aurait été entretenue par un craquage télévisuel et une obsession présidentielle.

Pour ces deux raisons, plus d’autres plus idéalistes, je voterai pour la liste Mouvement Démocrate.

Néanmoins, je ne me remets pas de la bourde de F. Bayrou et je commence à considérer que bien des personnes que j’ai mouchées, tancées, critiquées, moquées et combattues n’auraient pas tort sur toute la ligne.

05.06.2009

Votez bande de cons !

Je comptais déjà faire ce billet et voilà que je me retrouve à faire une chaîne, tagué par le meilleur des blogueurs, avec Laure et Oaz, mais ça vous le savez : Kag. Hé oui, trois provinciaux qui n’ont pas le melon et qui battent largement, dans mon estime en tout cas, les blogs parisiens. N’ayez crainte : on ne va pas faire un widget « province ».

Alors réfléchissons à ça : « C’est quoi l’Europe pour moi ? Que puis-je écrire à mes lecteurs pour les encourager à aller voter dimanche 7 juin ? Quelle liste représente les idées que je veux voir défendre au Parlement européen ? ».

En fait, je ne comptais traiter que de la seconde question. Donc c’est à lire ou à zapper.

Tout d’abord précisons que voter est aussi pour moi un devoir, comme le rappelle Laure, encore elle :

« voter fait partie de mes droits et de mes devoirs de citoyenne. Assez old school, j’avoue, mais on ne se refait pas… ».

Par ailleurs, j’avais aimé un film Le Président, avec Albert Dupontel, qui crève l’écran à la quarantaine passée. Beaucoup moins son interview sur France, dans laquelle il expliquait qu’il ne votait pas, faute d’offres politiques suffisantes.

L’argumentation qui suit vaut pour la plupart des élections et a fortiori pour les élections européennes.

Pour ces élections, l’offre est quand même importante, voir sur le site du Monde. Donc, les électeurs qui ne trouveraient pas peu ou prou un parti pas trop éloigné de leurs idées sont soit des veaux, soit des extraterrestres. Au pire, que ces gens-là créent leur parti, sauf que c’est toujours si facile de critiquer… D’ailleurs, nous retrouvons ici mes meilleurs amis, les poujamodémistes : une gueule ou une idée ne leur revient pas ? Paf, ils ne votent pas pour le parti, sous couvert d’une vision intelligente et indépendante… C’est très français ça, ce n’est pas une honte en soi, sauf quand on se pare de vouloir « faire de la politique autrement ».

(Ca, c’était une pique gratuite, pour les réveiller car ils me manquent, on passe…)

Allez, bon fils, je réponds brièvement aux deux questions : l’Europe est selon moi un rêve utopique, étant un fédéraliste convaincu. Une claque monumentale a broyé un de mes rêves en 2005. Cela finira bien par arriver, mon doux rêve, mais en 2250, je pense ne pas avoir la force d’y participer…

Alors, je vote Mouvement Démocrate, sans être sûr que ce soit le parti le plus proche de mes idées. J’ai fait un test de compatibilité. Mais je suis une stratégie complexe depuis quelques années, et je voterai toujours au centre, lorsque c’est possible.

PS : bien sûr que vous n’êtes pas cons, mes fidèles lecteurs, mais avouez que les autres…

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