27.07.2009
Il manque tout autant de solidarité que de travail (1).
Je suis parti quelques jours en Cévennes. J’y vais une à deux fois par an pour y travailler : pas d’internet, trois chaînes de télévision troubles, pas de dérangements. Bien sûr, il y a des balades possibles à pied ou en VTT, des lacs et rivières, des framboises, myrtilles et fraises des bois à ramasser, mais tout cela m’a toujours profondément ennuyé.
Donc, j’y suis allé pour travailler, mis à part un gros week-end festif avec des amis. Je ne savais pas encore que j’allais travailler aussi d’une autre façon.
J’ai passé toutes mes vacances dans ce coin paumé. J’y ai même rencontré un grand ami, Nono, comptable aujourd’hui à Dublin. Lorsque j’étais gamin, j’allais souvent rendre visite avec mon frère à une voisine : Mme C. Elle a toujours adoré notre famille.
Mme C. vivait avec M. C. qui est atteint aujourd’hui de la maladie d’Alzheimer. Ils ont un fils, 61 ans qui partage avec moi un point commun : il n’aime pas cet endroit. Il ne vient donc jamais. Il est juste venu amener sa mère, sans permis, dans sa résidence secondaire pour tout l’été, pendant que le mari est placé.
Bref, en rentrant d’une promenade, je me décide à aller quand même la saluer, vu que je ne la vois plus que tous les 2-3 ans.
Je la vois en plein soleil en train de biner pour décoincer son portail.
J’ai toujours aimé les vieux, puisque ma grand-mère est la personne la plus importante à mes yeux. J’ai donc naturellement le réflexe de lui prendre sa bine pour la soulager de ce fardeau. Elle me parle de ma sœur, de mon frère et de moi, enfants. Elle évoque son portail défraîchi. Elle a acheté de la peinture et veut le repeindre. Idée absurde à son âge. Mais les vieux sont têtus, il ne fallait pas annoncer d’entrée que j’allais le repeindre. Je lui propose, dans un premier temps, de le poncer. Elle accepte et j'exécute ma tâche pendant qu’elle me narre, pour mon plus grand bonheur, des souvenirs communs.
Puis je lui propose de revenir le lendemain peindre, bien que je n’y connaisse rien, n’étant pas manuel pour deux sous. Elle accepte. Le lendemain, je m’acquitte de ma tâche, sans talent mais avec bonne volonté. Cela me prend trois heures.
Je pensais qu’elle m’offrirait à la rigueur une bouteille de whisky, ce qui tomberait mal : c’est bien le seul alcool que je n’aime pas.
Hé bien non, elle me donne une enveloppe, avec insistance. Ma foi, j’accepte, car elle n’a pas l’air sur la paille. Elle me demande du coup de revenir peindre une partie du chalet. J’accepte. Rentré chez moi, je découvre 50 euros !
Mes chers lecteurs, ce billet débute sur une histoire personnelle pour déboucher sur une réflexion politique. Mais ce billet est long, alors je montre l’exemple à mes potes qui écrivent des billets-fleuves : je coupe et renvoie la partie politique au billet suivant.
20:04 Publié dans Bisous du Prince Charmant | Lien permanent | Commentaires (13) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note




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Commentaires
Mon premier argent de poche fut une "pièce" gagnée pour avoir élagué des hortensias chez une mamy. Je l'avais fait pour lui rendre service et non par esprit de lucre. Il n'empêche que je fus surpris et fier après-coupr d'en recevoir ce qui reste mon premier salaire.
50 € mazette ! Je vais te facturer mes heures !!! Mais non je blague... car sache cher crapaud qu'il y a encore des mohicans en ce bas monde qui cultivent l'art du don sans en attendre de contrepartie.
Tu as barbouillé plus qu'un portail en donnant de ton temps. Je suis content de te retrouver dans ce club.
Ecrit par : Thierry P. | 27.07.2009
Intéressant. Je guette la suite ! :)
...et fais gaffe au fisc =p
Ecrit par : florent | 27.07.2009
Faut il dorénavant t''appeler Mark Twain?
Ecrit par : franck | 27.07.2009
J'ai hâte de lire la suite !;-)
Chantal
Ecrit par : force_hyeres | 28.07.2009
Dommage qu'il n'y a pas ici, comme sur Facebook, le bouton "J'aime".. j'aurais cliqué sans hésiter ! Bel exemple de serviabilité de ta part.
Cela prouve également que lorsque l'on n'attend rien en retour, on est toujours surpris de la manière dont on est remercié et les anciens sont spécialistes en la matière. Etant plus jeune j'ai eu l'occasion de rendre de menus service sans forcément attendre qqch en retour et il m'est arrivé quelques bonnes surprises...
Vivement la suite...
Ecrit par : raphael | 28.07.2009
l'avantage des vacances dans les Cévennes c'est qu'on s'y ennuie ferme et qu'on réapprend à écrire bien... ;-)
J'ai passé toutes mes vacances de 0 à 16 ans dans un coin encore plus reculé de l'Ardèche avec ma grand-mère, on partait en transhumance 'prendre le frais' (on emmenait même le basilic pour pas qu'il crame en restant dans le sud!), alors le canoé dans la rivière gelée, les piques niques attaqués par les taons et les ramassages de framboises, pas de télé et juste rmc qu'on arrive à capter, je connais bien et en effet.... quel ennui, surtout au milieu de frères et soeurs qui adorent et de cousins cousines qui venaient là passer leurs vacances pour réviser des exams à repasser en septembre....
en revanche je n'ai jamais aussi bien travaillé car bien entendu pour rédiger ma thèse c'est là que je suis allée, pour les oraux de l'agreg' idem, et rien que pour çà, j'aime ce coin en fait!
et quelle leçon de vie politique on peut y prendre ! entre les gens sur place qui vont travailler à Valence ou à Montélimar à 1h30 de route, même si ce n'est que 60km, le maire, communiste bien sûr, instituteur de village qui a 1 classe avec 5 niveaux et pour l'été fait créer des campings à hollandais au bord de la rivière et casser la grande place médiévale pour y faire passer les voitures et amener les touristes, les vieilles sans âge (dites "demoiselles") avec leurs 2 pauvres chèvres et leur fromage à vendre et qui nettoient l'église et la famille de normands à la Villiers, dite "le docteur" qui vient deux mois l'été et qu'on ne voit jamais sauf à la messe, pas de boulangerie, pas de café, pas de presse, juste la poste et le marché une fois par semaine avec le crédit agricole qui vient ouvrir une heure derrière deux tréteaux...
ALors bien entendu ces gens-là çà n'intéresse pas l'UMPS, et eux, Hadopi 30, ils s'en foutent (remarque, moi aussi, en fait), ce qu'ils aimeraient c'est pouvoir juste travailler et vivre et garder leur poste et leur école, maintenir du lien social.
Et c'est pour eux aussi qu'il faut parler, même si comme moi, on déteste çà !
Ecrit par : FB | 28.07.2009
J'aime beaucoup ton côté Pagnol (et celui de FB) :-)
Un auteur de "billets fleuves"
Ecrit par : ArnaudH | 28.07.2009
A tous : vous allez moins aimer la partie politique, mais ça j'en ai l'habitude ;-) Et si je ne faisais plus qu'un blog perso ?^^
Ecrit par : LCDM | 28.07.2009
Cela ne serait pas marrant :p
Ecrit par : Claudio Pirrone | 28.07.2009
Gamin j'étais l'idole des vieilles :D
(aujourd'hui j'aimerais être celle des jeunes :p)
Bref, une mamie m'avait à la bonne et un jour elle m'avait filé 50 Francs parce que j'avais fait la conversation en lui portant ses courses.
J'étais content.
Ce que je ne savais pas c'est qu'elle vivait dans la misère et ma mère m'a demandé, illico presto, de lui rendre en expliquant que je ne pouvais pas accepter.
Depuis il est rare que j'accepte les sous, ou alors j'en utilise une partie pour refaire un cadeau à la personne aussitôt :p
Sinon ton blog est, à mon sens, un blog perso.
(surtout si on le complète avec ton Facebook, héhé)
Ecrit par : KaG | 28.07.2009
A Kag : oui il y a du perso (surtout sur facebook) mais ça reste du politique, si je devais faire que du perso, je ne ferai plus de politique (mais je n'y arriverai pas !)
Ecrit par : LCDM | 28.07.2009
Les personnes âgées adorent qu'on leur parle et qu'on soit à leur écoute. En évoquant son portail défraîchi elle savait que vous lui proposeriez de l'aider (intuition du fait que vous ayez pris sa bine ou parce qu'elle connaissait votre générosité de coeur)elle a pu de cette manière vous garder un peu plus longtemps et évoquer des souvenirs communs.Vous n'étiez pas obligé d'accepter mais vous l'avez fait et bien bravo à vous car vous avez sûrement apporté des moments de bonheur à cette femme mais aussi à vous par la même occasion car vous y avez pris plaisir .
Vous avez donné et vous avez reçu au centuple ( bonheur + 50€)
mais le bonheur n'a pas de prix.
Ecrit par : cath37 | 29.07.2009
Bonsoir mon crapaud,
J'aime assez ce billet, le geste gratuit de nos jours....
J'ai beaucoup pratiqué le bénévolat, et les services rendus sans attente de retour.
La période des foins, des récoltes en tous genres, les animaux, et puis plus artistique, ou encore accompagnement de groupes lors de festivals internationaux.
Plus récemment les assos que j'aime, bientot un dossier important à aller argumenter, et puis mille et un petits gestes au quotidien. Bref la liste est exhaustive...
J'ai aimé l'intervention de Kag à ce sujet, souvent ceux qui ont peu qui sont généreux, son astuce me plait car je l'ai pratiquée. :)
@FB,
Dsl pour vous, le village que j'aime dans le sud est intact en dépit d'une mairie plutot....Mais peut-etre du à une asso vigilante! ;)
Pas de voiture, en son sein historique, impossible les rues sont trop étroites, le paradis des enfants. Ecole, boulangerie, et puis un commerce alimentaire fixe aidé par la mairie au départ, et puis ambulant aussi, pour les fruits et légumes production locale, boucher, un restaurant, bar tabac, qui fournit aussi des repas à la demande pour les "anciens" ou autres etc bref un tout petit village vivant et créatif. Toujours une poste, j'ai failli oublié ;)
Pas de bus de touristes non plus, pas un Gordes number two! Et cela est bien mieux pour eux.
Pourtant il a bien manqué mourir ce village! Sauvé par l'initiative de la mairie, aider un commerce a aidé tous les autres, cette année une pizzeria en plus, sans parler des expositions d"artistes et repas festifs multiculturels sur la place.
J'attends avec impatience votre prochain billet :)
Ecrit par : Martine | 30.07.2009
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