20.09.2009

Ma sœur est une peau de vache souverainiste.

Récemment, je dinais en famille. Ma sœur était là et son compagnon aussi. C’est un gaulliste et un ardent anti-européen.

On évoquait une tradition de chez nous, à Castries, dans ce qui s’appelle « la Petite Camargue » : les bandido, abrivado, encierro et les courses camarguaises. La bandido consiste à ce que des cavaliers amènent des taureaux de Camargue de l’arène à la manade. L’abrivado, c’est l’inverse. L’encierro est un lâcher de taureaux dans le village, l’espace étant clos. Dans une course camarguaise, les raseteurs doivent attraper dans l’arène des trucs sur le taureau.

Je ne suis pas friand de ces trucs, mais bon, ce n’est pas la corrida : aucune mise à mort. C’est une tradition locale qui plaît à certains habitants et aux touristes.

Bref, ma sœur tout d’un coup balance : « Oh et puis avec l’Europe, ça sera bientôt fini ! ».

Je lui demande le rapport. Elle ne répond pas. Je sais que son compagnon lui lave le cerveau avec son souverainisme à deux balles. Je me retourne vers lui. Comme il est juriste, il sait qu’il n’y a aucun lien entre l’Europe et nos jeux locaux. Il éclate de rire suite à mon regard étonné et balance à ma sœur « C’est bien ma chérie ! ».

Certes ma sœur n’y connaît rien en politique et en droit, mais elle reflète bien la méconnaissance des Français sur l’Europe. On veut construire une Europe des citoyens mais les Français sont des veaux.

17.09.2009

Les artisans-commerçants, c’est l’enculette.

Ah l’enculette… On jouait à ça au lycée lorsqu’un pote refusait de jouer. C’était au tarot, et le gagnant qui n’avait pas voulu partir était la risée.

Passons… Vous le savez, je suis fils de restaurateur (allez voir ce billet, j’y suis en photo). J’ai toujours aimé les artisans-commerçants : la qualité de leur travail, leur courage, leur tolérance et leur audace.

Il faut tout de même avouer qu’ils nous prennent pour des cons. Trois exemples.

 

L’an dernier, on me raye ma voiture, en me laissant un mot. Premier devis chez le carrossier : 400 euros. Second devis : 180 euros. J’ai bien sûr informé la Matmut. Le directeur juridique m’a téléphoné en disant qu’il les mettrait sous surveillance.

 

Récemment, je fête mes 27 ans. Devis chez le pâtissier pour une plaque de tarte aux pommes : 30 euros. 35 euros s’il donne 4 coups de roulette pour faire une part. Une tarte aux fruits (et donc plus élaborée chez Auchan,) avec de la chantilly : 30 euros.

 

Je pète la vitre de mon bac à légumes du frigo (ce n’était pas l’idée du siècle de mettre 7 bouteilles d’alcool dessus) : devis chez les miroiteries : 30 et 32 euros. A Castorama : 5,5 euros…

 

J’aime la qualité du travail bien fait : je n’achète que très rarement du pain au supermarché, de même que pour les fruits et légumes. Mais il faudrait que les artisans-commerçants arrêtent de nous prendre pour des cons. Moralité : toujours faire 3 devis.

14.09.2009

Ma patronne combat les connes : la bataille de l’homophobie au travail (2).

[Ajout du 21 novembre 2009 : attention, ce billet est inventé, voir les explications ici]

A lire avant ce billet, le premier. Pour les paresseux : une femme insulte un de ses collègues, hors de sa présence, en disant « en plus, il est pd ! ». Ce que cette femme ne savait pas, c’est que la patronne était dans la pièce à côté. Dans 99 % des cas, il ne se serait rien passé. Or, c’est mal connaître cette femme à poigne.

La patronne intervient sur le champ pour faire cesser la discussion. Elle prend à part l’employée dans son bureau et la sermonne vivement. Elle lui rappelle que la vie sexuelle et sentimentale de Valentin n’interfère en rien dans ses compétences et dans la vie de l’entreprise. Elle lui explique qu’elle vient de commettre un acte grave, pénalement répréhensible et qu’elle va réfléchir à une sanction.

Le soir même, des collègues ayant assisté à la scène préviennent Valentin par téléphone. Il est tracassé tout le week-end. Sa patronne le voit le lundi à la première heure. Elle a probablement pris conseil le week-end parmi ses réseaux. Elle lui raconte la scène et lui demande s’il veut porter plainte. Il répond par la négative, n’ayant pas été présent au moment des faits et trouvant une plainte pénale disproportionnée. La patronne lui dit que la salariée en question sera sanctionnée. Cette jeune femme reçoit 9 jours de mise à pied (donc repos forcé sans être payée), perd une semaine de vacances octroyée en plus chaque année par la direction et devra prendre ses vacances en juin et septembre alors qu’elle a des gosses.

Puis la patronne fait le tour des services et raconte l’histoire. Bon, tout le monde est désormais au courant pour Valentin. Mais tout le monde sait qu’il ne faudra rien dire au travail (même dans la pause déjeuner, à leur place, je me méfierai). Car ne rêvons pas : il y a des cons partout et la conne rentrera encore plus conne et homophobe. Toutefois, elle se taira dans la boîte.

Dans cette histoire, l’attitude de la patronne est remarquable. Le droit est appliqué, d’une manière sévère mais juste. Le droit protège, le droit rectifie.

A l’université, je sais très bien que des collègues se foutent de ma gueule sur mon homosexualité. S’ils disaient ça devant un directeur de laboratoire, un responsable administratif, il ne se passerait rien. Voilà pourquoi je me méfie du secteur public, toujours prompt à dire « faîtes ce que je dis, mais pas ce que je fais ». L’Etat emmerde n’importe quelle boîte privée pour un CDD abusif (alors qu’il en fait plein) et aurait étouffé une telle affaire.

J’ai le souvenir désagréable d’un mauvais dîner au restaurant avec mon mec de l’époque et surtout les commentaires ridicules du fils du restaurateur sur ce billet (que j’avais écrit à l’époque). Peu importe les défaites, il y a des gens formidables qui ont su dire stop à des situations pénibles. Chapeau bas, madame.

13.09.2009

Ma patronne combat les connes : la bataille de l’homophobie au travail (1).

[Ajout du 21 novembre 2009 : Attention, ce billet est faux. Voir les explications ici] Lorsqu’on évoque l’homophobie au travail, on lit souvent des décisions désastreuses, des longues procédures, des suicides et des échecs.
Un ami gay m’a pourtant raconté un dénouement heureux à quelque chose qui lui est arrivé. Je lui ai demandé la permission d’écrire ce billet, et de me relire au cas où je serais inexact. Plusieurs lecteurs habituels (non je ne vais pas les citer, ils vont se reconnaître) vont être intéressés par ce billet et je tenais à vous le livrer.
Appelons mon ami Valentin. Valentin est un homme délicieux : gentil, attentionné, aimé de tous. C’est un homme gay, qui s’est découvert sur le tard. Discret, pas du tout efféminé, il travaille comme comptable dans une boîte. Consciencieux, son travail est apprécié de sa patronne. Bref, un homme bon et sans histoire. J’arrête son portrait car il est sensible et ses yeux risquent de s’embrumer en lisant ce billet.
Intégré dans sa boîte, il n’a aucun souci particulier avec ses collègues. Il est notamment chargé de faire les fiches de paie de ses collègues. Il commet une petite maladresse en oubliant le versement d’une prime d’un montant dérisoire à une de ses collègues. C’est la seule, avec une autre, avec qui il n’a pas d’affinités. Mais quand il ne s’entend pas avec quelqu’un, il n’est pas comme moi : aucun clash.
Bref, il aurait sans souci rectifié le tir à la prochaine fiche de paie. Or, cette collègue en question se plaint devant d’autres collègues de sa bourde et conclut par un fameux « en plus, il est pd ! ». Au passage, notons que c’est une femme et je n’ai jamais douté que les femmes étaient aussi bêtes que les hommes. Ce que cette femme ne savait pas, c’est que la patronne était dans la pièce à côté. Au passage, notons que c’est une autre femme et je n’ai jamais douté qu’elles pouvaient être aussi formidables que les hommes… (Billet un peu long, suite au prochain billet).

11.09.2009

Le centre droit ne peut qu’approuver la vision de M. Bayrou.

Deux évènements alimentent ce billet : le discours de M. Bayrou et l’excellente émission « Mots Croisés » qu’il a provoqué le lendemain. Dans cette émission se trouvaient Messieurs Kahn, Besancenot, Peillon et Mesdames Duflot et Buffet.

Bien sûr, j’aurais aimé que la stratégie d’alliances variables en fonction des projets régionaux prédomine. Je la crois bonne. Mais comme M. Bayrou, je constate que les Français la désapprouvent. On ne peut pas faire des ânes des chevaux de course. Ils ont été éduqués au bipartisme, nourris au bipartisme ; le poids des habitudes sont trop fortes.

Bien sûr, j’insiste sur le fait que nous avons besoin des républicains de droite. Ils se réveilleront le jour où le joug sarkozyen s’affaiblira.

Bien sûr, je constate les différences de vision entre la gauche et nous, qui, faut-il le rappeler, ne sommes pas de gauche (sauf sur l’ancienne blogosphère modem, réduite à s’accoquiner avec les left blogs et les gros blogs pour linker et monter dans wikio).

Toutefois, lors de ce débat, j’ai donné raison à tout le monde sur certains sujets.

A M. Besancenot qui a affirmé qu’il ne servait à rien de promettre une chose pour la renier aussitôt au pouvoir, ce qui n’arrangera en rien la politique.

A Mme Duflot qui me plait de plus en plus. Elle a vraiment une vision claire et environnementaliste de la société. Elle insiste sur l’inutilité de désigner un candidat commun à la gauche sans programme commun (rappelons qu’on ne rentre pas là-dedans, François Bayrou reste bien notre candidat) et sur la nécessité de convertir la vieille industrie française qui est condamnée par avance.

A Mme Buffet, qui a le mérite de vouloir agir en plus de résister.

A M. Kahn, honnête, clair et vif. Il s’ouvre à l’ensemble des citoyens et s’attache plus à la raison qu’aux étiquettes politiques.

A M. Peillon qui a compris qu’il fallait une union si le but était de battre la droite.

Le mot est lâché : battre la droite. Comment un homme de centre droit peut-il vouloir cela ?

Tout simplement parce que, ce qui compte pour un homme ou une femme de centre droit, ce sont les valeurs. Et plus que la politique actuelle (soyons honnête, tout n’est pas bon à jeter), le centre droit rejette de telles valeurs, sauf à se compromettre comme le fait le PSLE. L’argent roi, la concentration, le clivage de la société, le manque de pudeur dans la jouissance, le traitement de l’information, les questions de sécurité et d’immigration, l’immixtion dans la vie privée des gens choquent les hommes de centre droit, en tout cas les libéraux.

Au fond, les gens comme moi qui ont voté pour Mme Royal ont été des précurseurs.

Nous n’avons plus le choix pour aujourd’hui et 2012 : discutons et on verra.

Après, vous ne manquerez pas de me dire « quand même, avec les communistes et pire ! ». Soit, et il est vrai que j’ai changé d’avis : avant je disais « hors de question », puis je me dis désormais que nous n’avons plus le choix. Tout simplement parce que la droite est en pleine forme. Et aussi parce que le Mouvement Démocrate ne pèse rien.

Vous pouvez me dire aussi « super, on a été les larbins de l’UMP avant la nouvelle UDF et now, c’est du PS ». Non, car il n’y a pas de « basculement ». C’est une stratégie qui évolue et j’espère qu’on gardera notre liberté de s’opposer aux choses qui nous paraissent mauvaises pour le pays. Au passage, quiconque qui a fait un marché depuis quelques années confirmera ceci : les militants PS n’agressent pas vraiment, alors que ceux de l’UMP sont puants.

Est-ce une tentative pitoyable de M. Bayrou pour rebondir, un hold-up ? Peut-être. Il va bien être obligé de dire que s’il ne passe pas le second tour, il appellera à voter pour le candidat de la gauche.

On a eu beaucoup d’espoirs. Les Français nous ont calmés. Soyons pragmatique. Ainsi, un autre mur de Berlin commence à se faire entre les gens de centre droit, ceux comme moi qui pouvons voter à gauche (et qui le font presque tout le temps au fond) et ceux qui ne peuvent pas. J’aimerais toujours discuter, agir avec les seconds mais nos stratégies sont trop opposées. Il nous reproche d’échouer, nous on tente. Eux, ils ont échoué. Je les aime mais je désapprouve leur manque d’audace. Ils m’aiment mais me trouvent utopistes.

Beaucoup de questions sont encore à débattre : quid des alliances locales avec des villes de droite aux municipales ? C’est gênant, on le sait bien. C’est ça être centriste. On veut rassembler ou aider au rassemblement des gens qui sont opposés par paresse intellectuelle ou par confort. Nous y sommes parfois arrivés dans l’histoire et le gouvernement actuel nous offre peut-être des conditions pour y parvenir de nouveau.

Rendus où on en est, c’est le destin qui domine, alors vogue la galère.

06.09.2009

Les cancans de l’Université de rentrée

 

Il est 14h. Je suis rentré chez mes parents car j’avais la gueule de bois. J’écoute le discours de M. Bayrou.

J’ouvre mon Netvibes, je tombe sur un billet de Nemo à propos du classement wikio. Génial il monte. Youpi moi aussi alors que je ne remercie pas tous les jours les blogueurs. Justement, je vais faire des liens car je vais vous parler des blogueurs rencontrés à la Grande Motte.

 

Je vais vous décevoir : je ne suis allé à aucun atelier, j’ai assez peu discuté politique. Un atelier « connasse » était organisé à la piscine. Nous étions donc 4 « connasses » à nous prélasser. Le soir, j’étais ivre car on m’avait filé des tickets pour boire des bières. Et comme je squattais des chambres, j’ai vraiment fait une université « low cost ». Sinon j’ai été sage, résistant à la tentation de se faire embarquer par un maire…

 

Qui j’ai vu à ces universités et de quoi on a parlé ?

J’ai vu Claudio (une carrure impressionnante qui vous broie la main en vous la serrant). Un accent italien. Je me suis foutu justement des liens qu’il faisait à tout-va. Justement, il monte dans Wikio. Cela a amusé Barrejadis. Si Claudio avait écrit cette phrase : « Il est 14h. Je suis rentré chez mes parents car j’avais la gueule de bois », il se serait démerdé pour coller 4 liens. La ficelle est grosse mais le personnage est sympathique.

Barrejadis était en pleine forme, toujours incapable de dire ce que le Mouvement Démocrate 31 devait faire. Il est l’incarnation de l’homme intelligent qui gâche son talent.

Donc les deux zinzins discutaient avec Quindi. Quindi est non seulement intelligent mais aussi sympathique. Les gens intelligents étalent leur savoir, les grands esprits s’adaptent aux gens qu’ils ont en face et il en fait partie.

Je leur ai dit que seul le centre droit était fidèle et que je regrettais le départ de mon ami Kag.

 

Chantal était partout : elle dansait même la techno à deux heures du mat. Une belle femme, souriante, petite, bref « choupette ». Elle a un peu foiré son apéro, du coup elle n’est pas sur une photo qu’on a faite.

 

Françoise était aussi très présente. Elle m’a vivement intéressé lorsqu’elle m’a dit qu’elle avait rencontré une de mes lectrices principales.

Michel et Jérôme étaient inséparables, toujours une bière (en pinte svp !) à la main. On a parlé de l’action de Christophe Ginisty. D’ailleurs, beaucoup de personnes (non blogueurs) en pensent du mal. Moi, je m’en fous : il avait un blog courtisan, il a désormais un blog cassant. Il est passé d’un excès à l’autre mais je n’ai rien contre lui et il a une belle plume. J’ai même dit qu’il « ne disait pas que des conneries ». Il vient d’écrire qu’il y avait bien moins de tenues orange que lors des précédentes universités, hé bien c’est vrai.

Avec Michel et Jérôme, on a parlé du fait qu’on regrettait de ne pas voir notre Leroy-Morin.

Orange sanguine est une petite farceuse. Elle me faisait croire qu’elle était blonde et élancée. Elancée, elle l’est sauf que c’est un homme…

Florent était bien sûr là, fuyant les photos mais avec sa gentillesse légendaire. Fotini est mignonne et gentille aussi.

Nelly prenait des photos. Elle est souriante et m’a paru sympa.

Un des sujets principaux était L’hérétique. Barrejadis voulait le rencontrer. Antonin l’a fait. On s’est un peu moqué des fameux « hérétiques » au pluriel. FB, une des lectrices les plus fidèles disait que c’est lui qu’elle lisait le plus souvent. J’ai évoqué avec elle et son compagnon le temps que prenait la tenue d’un blog. Pour publier tous les jours, il faut être étudiant, retraité, prof ou chômeur. FB et son compagnon sont vraiment sympa, on a parlé de l’état des rues de Marseille, de culture et de cosmétique. Je m’y connais mieux dans le dernier thème, ma sœur travaillant à Dubaï pour Nuxe. Elle m’a aussi dit que j’écrivais « un billet bon pour deux billets à chier ». Elle n’a pas tort, et je classe celui-ci dans le « à chier ».

Je passe aussi des moments sympas avec deux des trois conseilleurs municipaux MoDem à Toulouse. Malika lit mon blog et avoue qu’elle pense à moi dès qu’elle jette ses ordures au compost. Jean-Luc me dit qu’il ne me lit pas car mes billets sont « trop long » et ont « trop de liens ». Il exagère alors du coup, il a payé une tournée.

Voilà, le discours de Bayrou est fini et mon billet aussi. J’ai aimé ces universités pour ces rencontres informelles et sympathiques. Donc j’irai aux suivantes si je le peux car il est important de mettre un visage sur un nom et de mettre fin au virtuel.

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