08.12.2009

Ségolène Royal, la politique autrement ?

Les anciens adhérents du Mouvement Démocrate souhaitaient « faire de la politique autrement » comme l'avait promis François Bayrou. Je n'ai jamais cru en ceci, surtout dans un parti centriste. Les centristes sont les plus politisés de tous les adhérents d'un parti politique.

Leur place serait peut-être mieux à Désirs d'avenir. Désirs d'avenir ressemble à un club bordélique où on peut écrire des contrib dont tout le monde se fout. Le problème est que ce n'est plus à la mode. Les gens de centre gauche, qui adorent d'une manière générale dicter la conduite aux autres, vont donc tous à Europe Ecologie. Si la mode était le « Parti de ceux qui ne peuvent pas dormir en chaussettes », ils y iraient.

En tout cas, Ségolène Royal continue de surprendre, de passer outre les logiques d'appareil. On a eu le droit à ses considérations sur la Nation, les 35 heures et désormais elle propose malicieusement une alliance dès le premier tour, cf. l'Hérétique, Le Grand. Citons aussi le bon blogueur Unhuman qui surfe sur cette actu en faisant un billet... sans intérêt. Billet décevant aussi chez Orange sanguine, pourtant du coin. Il faut laisser du temps au temps pour écrire. Vous voyez bien que je lis encore et que je peux encore "linker" (quel mot atroce). Evitons toutefois les "links" débiles. [ajout tardif : bon billet ici]

Bien sûr que c'est encore un coup médiatique. Il n'empêche que je suis favorable à s'allier tôt ou tard avec elle. J'aurais préféré tôt, mais va pour tard sauf qu'on aura sûrement encore moins de sièges. Son bilan est bon, du moins en apparence. Avant sa présidence, personne ne connaissait la région Poitou-Charentes. On évoquait « Le Futuroscope », on regardait un reportage sur les marais poitevins au journal de 13 heures sur TF1 et basta.

Ségolène Royal est à sa région, ce que Georges Frêche était (est en réalité) à Montpellier : on a l'impression, sûrement erronée, qu'avant, rien n'avait été fait.

A part elle, un des seuls qui faisait de la politique autrement était Nicolas Sarkozy jusqu'à ce que son mandat le tienne.

Ségolène Royal reste une de mes personnalités politiques préférées avec Cécile Duflot, Georges Frêche et Alain Juppé. Je trouve que Mme Royal est capable de comprendre certaines aspirations des Français, qu'elle est intelligente, qu'elle a de l'allure et de la pugnacité. Si elle n'était pas au Parti Socialiste, je pourrais la rejoindre.

21.10.2009

Corine Lepage mérite mieux qu’une Lepagemania®.

En 2002, j’hésitais à voter pour Mme Lepage pour finalement voter pour François Bayrou (mon autre hésitation portait sur Christiane Taubira). J’aime les gens de conviction. J’aime les petits tireurs rigoureux, les gens courageux qui sortent du bipartisme.

En tant que juriste, je peux vous affirmer que Mme Lepage est une des plus grandes juristes de droit de l’environnement, avec son époux. Leur cabinet, qui bénéficie d’une excellente réputation, marche si bien qu’ils payent l’impôt sur la fortune. Ce n’est pas une honte, mais plutôt un honneur puisqu’ils ont travaillé dur.

Les militants apprécient sa disponibilité, sa rigueur, son honnêteté. J’apprécie cette personne, sans sombrer toutefois dans la Lepagemania®. Celle-ci se retrouve sur les blogs, de sympathisants ou non du Mouvement Démocrate. La Lepagemania® se retrouve aussi auprès des juristes. Un ami me dit souvent « virez Bayrou pour Lepage et ça ira mieux » comme s’il suffisait de changer le capuchon d’un stylo pour que celui-ci écrive bien.

Heureusement, certains blogueurs ont enfin émis des doutes sur sa tactique politique : Chantal, Mirabelle et Hystérix (je dois avouer que son billet est très correct). Ils se sont tous fait engueuler sur leurs billets.

Mais il faut aller beaucoup plus loin qu’eux. La posture de Mme Lepage est inquiétante sur plusieurs points.

Premièrement, alors que vous êtes 90 % à vociférer quand on évoque le thème de l’UDF, parti pourtant mort, personne ne dit rien à propos de Cap 21 qui existe toujours. Pourquoi ai-je dû participer à la dissolution de mon parti alors qu’il n’en est rien pour Cap 21 ? Et l’adhésion à Cap 21 n’entraîne pas l’adhésion ipso facto au Mouvement Démocrate, me semble-t-il. D’ailleurs, allez voir le site de Cap 21, presque rien n’est dit sur le Mouvement Démocrate. Depuis le début, Cap 21 joue un jeu ambigu. Et c’est aussi peut-être pour cette raison, que la mayonnaise ne prend pas toujours. A Villepinte, lors du déjeuner, j’étais par hasard (enfin presque) assis à côté d’un responsable de Cap 21 (un des plus importants). Il m’avait dit qu’il n’en avait rien à cirer du Mouvement Démocrate. Il aurait même dit à « Corine », au cours d’une discussion : « A ton avis, pourquoi t’as perdu dans le 12ème ? » [NDLR : à cause du Mouvement Démocrate, pardi !].

Deuxièmement, Cap 21 récupère tous les déçus du Mouvement Démocrate. Personnellement, ça ne me gène pas, mais cela fait un peu « rapace ». Est-ce que le nombre d’adhérents a sensiblement augmenté ?

Troisièmement, Mme Lepage a été candidate à presque tout. Alors que beaucoup d’élus du Mouvement Démocrate se retrouvent harcelés (quand ils sont issus bien sûr de l’UDF), elle est épargnée alors qu’elle fut pourtant Ministre de l’environnement sous un gouvernement de droite.

Quatrièmement, je la trouve « ingrate ». Car je suis désolé, Cap 21, c’était « peanuts » bien que les 3-4 militants de Haute-Garonne venus au Mouvement Démocrate sont des gens souvent formidables. Toutefois, je suis d’accord avec leurs analyses sur la gouvernance du Mouvement Démocrate.

Cinquièmement, étant un environnementaliste convaincu, bien que ne plaçant pas l’écologie au centre de la vie sociale, je ne suis pas certain que toutes les personnes préoccupées par ces questions doivent baisser leur culotte devant Europe Ecologie. Certes, ces derniers vivent leurs heures de gloire et peuvent, peut-être, donner quelques miettes aux autres. Je suis un admirateur de Mme Duflot (je sais, je ne suis plus à une contradiction près) mais de là à cliver la société pour faire d’Europe Ecologie l’alpha et l’oméga de l’environnement… Je me méfie toujours des Verts, et les listes d’Europe Ecologie n’étaient pas parmi les plus vertueuses.

Bref, je doute de tout et en premier des vérités absolues. Cela vient du fait que je sois juriste moi-aussi. Je trouve cette Lepagemania® stupide, facile, manipulée et pour ainsi dire, sans aucun but politique.

Curieux destin que celui de Mme Lepage : personnalité brillante qui dérape parce que ses fans sont souvent des idiots ? Elle mérite mieux. Malheureusement, au Mouvement Démocrate, on ne sait pas utiliser les talents.

17.10.2009

Mouvement Démocrate : ceux qui reviennent…

Depuis deux ans, la liste des départs serait fastidieuse à établir. Chaque départ a ses raisons et personne ne devrait les commenter. Pourtant, il y en a qui reviennent. Interview de l’un d’entre eux.

Qui es-tu ?

Je m’appelle Benjamin, je suis juriste, j’ai 27 ans et je vis en milieu semi-rural. Je suis un spécialiste des questions de démocratie locale.

Ok, alors pourquoi tu adhères à nouveau ?

Parce que je me suis rendu compte que les poujamodémistes n’étaient pas là à la Grande-Motte et j’apprécie les gens que j’ai rencontrés. Je me suis méfié, à raison, de l’arrivée des nouveaux adhérents. Désormais, ça va, le Mouvement Démocrate est une UDF de centre gauche, mais ça me va…

Tu plaisantes ?

Non. Ne me sors pas le coup de 2012. C’est fini tout ça. Désormais on va faire de la politique, avec ou sans Bayrou.

Si ton seul projet est de faire de la politique comme avant, je te plains…

Moi, je plains en général ceux qui sont partis. Je me méfie des idées dans l’air du temps. Des adhésions coup de tête. La force de caractère consiste à être présent dans les moments difficiles et non pas à être attirés par la lumière.

Parce que tu oses prétendre que c’était le but de tous les nouveaux adhérents ?

Non, mais avoue qu’entre les poujamodémistes, les bisounours et ceux qui sont venus pour trouver une place sympa et qui repartent parce qu’il n’y a rien, on n’était pas gâtés…

Tu n’as aucun respect pour les gens qui se sont engagés et qui ont investi du temps et de l’argent ? Et tu dis toi-même qu’il faut des élus…

Pas du tout, je comprends les déceptions de tous. Chacun fait ce qu’il veut et je pense n’avoir jamais critiqué un départ. Je suis lucide sur l’état du parti et je suis d’accord en général avec 90 % des critiques. Si je peux aider mon parti à proposer des éléments de réflexion autour des questions de démocratie au niveau régional, je serai là.

Ca ne mange pas de pain…

Les adhérents qui pètent plus haut que leur cul fatiguent tous les autres. Que chacun fasse ce qu’il veut, mais qu’il le fasse bien.

Et ton constat sur le Mouvement Démocrate ?

Après les bisounours et les poujamodémistes, nous sommes confrontés à un nouveau problème : la Lepagemania® (bien évidemment entretenue sur les blogueurs, cons comme des valises sans poignée). Cap 21, depuis le début, sert à siphonner tous les nouveaux adhérents du MoDem (ce qui est plutôt un bien, si ça ne tenait qu’à moi, je leur aurais envoyé un « package »). Tout le monde critiquait l’UDF alors que Cap 21 existe encore, n’est-ce pas ? J’aurai l’occasion d’y revenir. On va finir avec une UDF de centre gauche mais dont les électeurs seront des gens de centre droit

Qu’est-ce que c'est que cette fantaisie ?

Tu verras. Les gens de centre gauche aiment se mettre en avant. Ils vont tous voter Europe machin parce que c’est « in ». Je représenterai les électeurs de centre-droit, pas les cadres et élus du centre-droit, qui sont tous en général de droite. Comme ces blaireaux en Midi-Pyrénées qui sont en train de ressusciter l’UDF. Ils se disent « centristes ». Grotesque.

En fait, tu veux être à contre flots une fois de plus…

Non, je grogne, je râle mais on peut compter sur moi. J’attends le retour des militants UDF. Mieux vaut trois fois moins de monde, mais des gens compétents qu’une foule bordélique de boulets. On a mené la campagne seuls en 2007, c’était un succès. Ce n’est pas parce que l’on est ultraminoritaire que nous aurions forcément tort.

15.10.2009

Elections régionales en Midi-Pyrénées : on fait quoi ?

Bon vous savez, il y a de bons débats sur la conduite à mener.

Avant, j’étais un partisan d’une liste indépendante au premier tour et d’une alliance au second.

Compte tenu des claques successives, j’ai changé d’avis : il faut s’allier avec ceux qui peuvent gagner (donc la droite dans certaines régions, mais ça, ce n’est malheureusement plus possible). Je sais, ce n’est pas beau, ce n’est pas noble, mais c’est de la politique. Nous devons avoir des élus. D’une manière générale, je suis sidéré par le faible niveau des militants du Mouvement Démocrate (en Haute-Garonne). Ils sont souvent intelligents mais aussi terriblement inexpérimentés. Ils font des grands discours sur la région mais ils ne pourraient rien citer comme compétences à part les lycées et le TER… Il faut avouer que même les juristes ne le savent pas non plus exactement, vu que l’article L. 4211-1 du Code général des collectivités territoriales est atroce…Bref, nous avons besoin d’élus et mieux : d’élus dans la majorité.

En Midi-Pyrénées, ça tombe bien, c’est une victoire probable de la gauche sous réserve des ambitions d’Europe Ecologie. Apparemment, vu que le Président de région Martin Malvy n’irait pas au bout de son futur mandat, il pourrait laisser sa place à Gérard Onesta (Ancien vice-président du Parlement Européen). Or, ce dernier doit se méfier des promesses de départ…

Donc, je suis pour une alliance avec la gauche.

Toutefois, des ambitions locales se manifestent au Mouvement Démocrate.

Arnaud Lafon, Le maire de Castanet-Tolosan souhaite mener une liste indépendante au premier tour.

Gilles Broquère, ancien maire de Fenouillet, toujours conseiller régional souhaite probablement demeurer conseiller régional.

Les trois conseillers municipaux toulousains souhaitent-ils s’investir ? On avait prêté, il fut un temps, des ambitions à Jean-Luc Forget (qui fut conseiller régional). Je n’ai aucune information mais je pense qu’il est un peu vacciné de la situation locale depuis longtemps. Malika Aradj avait soulevé des protestations parce qu’elle était 6ème sur la liste aux élections européennes (j’avais déjà dit qu’il n’y avait pas de quoi fouetter un chat). A sa place, je ne m’y lancerai pas mais bon... Reste Jean-Luc Lagleize, qui compte tenu de son métier (dans les placements immobiliers) pourrait être intéressé par un mandat de conseiller régional (la région s’occupe en partie du développement économique).

Pour l’Aveyron, Jean-Marie Daures, maire de Trémouilles souhaite y aller de même que le sortant Gilbert Cayron. Maïté Laur, candidate à tout, devrait être dans les rangs.
Dans le Tarn-et-Garonne, il me semble que le Président du Mouvement Démocrate Thierry Faget veut y aller.

D’autres cancans ?

J’ai de bons rapports avec les élus du 31 cités ici. Ils ne m’ont jamais fait chier avec mon blog. Je leur donnerai ce conseil amical : « N’y allez pas, les poujamodémistes vont vous lessiver pendant la campagne ».

11.09.2009

Le centre droit ne peut qu’approuver la vision de M. Bayrou.

Deux évènements alimentent ce billet : le discours de M. Bayrou et l’excellente émission « Mots Croisés » qu’il a provoqué le lendemain. Dans cette émission se trouvaient Messieurs Kahn, Besancenot, Peillon et Mesdames Duflot et Buffet.

Bien sûr, j’aurais aimé que la stratégie d’alliances variables en fonction des projets régionaux prédomine. Je la crois bonne. Mais comme M. Bayrou, je constate que les Français la désapprouvent. On ne peut pas faire des ânes des chevaux de course. Ils ont été éduqués au bipartisme, nourris au bipartisme ; le poids des habitudes sont trop fortes.

Bien sûr, j’insiste sur le fait que nous avons besoin des républicains de droite. Ils se réveilleront le jour où le joug sarkozyen s’affaiblira.

Bien sûr, je constate les différences de vision entre la gauche et nous, qui, faut-il le rappeler, ne sommes pas de gauche (sauf sur l’ancienne blogosphère modem, réduite à s’accoquiner avec les left blogs et les gros blogs pour linker et monter dans wikio).

Toutefois, lors de ce débat, j’ai donné raison à tout le monde sur certains sujets.

A M. Besancenot qui a affirmé qu’il ne servait à rien de promettre une chose pour la renier aussitôt au pouvoir, ce qui n’arrangera en rien la politique.

A Mme Duflot qui me plait de plus en plus. Elle a vraiment une vision claire et environnementaliste de la société. Elle insiste sur l’inutilité de désigner un candidat commun à la gauche sans programme commun (rappelons qu’on ne rentre pas là-dedans, François Bayrou reste bien notre candidat) et sur la nécessité de convertir la vieille industrie française qui est condamnée par avance.

A Mme Buffet, qui a le mérite de vouloir agir en plus de résister.

A M. Kahn, honnête, clair et vif. Il s’ouvre à l’ensemble des citoyens et s’attache plus à la raison qu’aux étiquettes politiques.

A M. Peillon qui a compris qu’il fallait une union si le but était de battre la droite.

Le mot est lâché : battre la droite. Comment un homme de centre droit peut-il vouloir cela ?

Tout simplement parce que, ce qui compte pour un homme ou une femme de centre droit, ce sont les valeurs. Et plus que la politique actuelle (soyons honnête, tout n’est pas bon à jeter), le centre droit rejette de telles valeurs, sauf à se compromettre comme le fait le PSLE. L’argent roi, la concentration, le clivage de la société, le manque de pudeur dans la jouissance, le traitement de l’information, les questions de sécurité et d’immigration, l’immixtion dans la vie privée des gens choquent les hommes de centre droit, en tout cas les libéraux.

Au fond, les gens comme moi qui ont voté pour Mme Royal ont été des précurseurs.

Nous n’avons plus le choix pour aujourd’hui et 2012 : discutons et on verra.

Après, vous ne manquerez pas de me dire « quand même, avec les communistes et pire ! ». Soit, et il est vrai que j’ai changé d’avis : avant je disais « hors de question », puis je me dis désormais que nous n’avons plus le choix. Tout simplement parce que la droite est en pleine forme. Et aussi parce que le Mouvement Démocrate ne pèse rien.

Vous pouvez me dire aussi « super, on a été les larbins de l’UMP avant la nouvelle UDF et now, c’est du PS ». Non, car il n’y a pas de « basculement ». C’est une stratégie qui évolue et j’espère qu’on gardera notre liberté de s’opposer aux choses qui nous paraissent mauvaises pour le pays. Au passage, quiconque qui a fait un marché depuis quelques années confirmera ceci : les militants PS n’agressent pas vraiment, alors que ceux de l’UMP sont puants.

Est-ce une tentative pitoyable de M. Bayrou pour rebondir, un hold-up ? Peut-être. Il va bien être obligé de dire que s’il ne passe pas le second tour, il appellera à voter pour le candidat de la gauche.

On a eu beaucoup d’espoirs. Les Français nous ont calmés. Soyons pragmatique. Ainsi, un autre mur de Berlin commence à se faire entre les gens de centre droit, ceux comme moi qui pouvons voter à gauche (et qui le font presque tout le temps au fond) et ceux qui ne peuvent pas. J’aimerais toujours discuter, agir avec les seconds mais nos stratégies sont trop opposées. Il nous reproche d’échouer, nous on tente. Eux, ils ont échoué. Je les aime mais je désapprouve leur manque d’audace. Ils m’aiment mais me trouvent utopistes.

Beaucoup de questions sont encore à débattre : quid des alliances locales avec des villes de droite aux municipales ? C’est gênant, on le sait bien. C’est ça être centriste. On veut rassembler ou aider au rassemblement des gens qui sont opposés par paresse intellectuelle ou par confort. Nous y sommes parfois arrivés dans l’histoire et le gouvernement actuel nous offre peut-être des conditions pour y parvenir de nouveau.

Rendus où on en est, c’est le destin qui domine, alors vogue la galère.

26.08.2009

Après nos bleus, la vie en rose ?

Ca s’agite sur la blogo au sujet du discours de Mme de Sarnez. Je l’ai écouté entièrement et j’ai lu quelques billets qui ont enrichi mes opinions. En tant qu’homme de centre droit, j’en pense le plus grand bien.

Comme l’Hérétique, je vous rappelle que l’UDF (version nouvelle) disait ça depuis le début Sauf que beaucoup n’y croyaient pas… Et Mme de Sarnez ne s’adressait pas au PS.

Comme Vincent, je me méfie du côté gadget car il faut bien un programme.

Les autres billets ne disent souvent rien d’intéressant intellectuellement et politiquement. Il y a ceux qui réclament ça depuis le début du MoDem puis qui râlent, ceux qui sont fâchés avec Bayrou après l’avoir encensé, ceux qui sont au PLSE et gueulent…

Sauf Chantal, qui a peur que le centre droit se barre. Hé bien non, chère Chantal, voilà comment on vote, nous les gens de centre droit : au premier tour, on vote centriste quand c’est possible, on est toujours fidèle. Au second tour, c’est plus compliqué. J’évoque l’électorat et non les élus car les élus de centre droit se barreront toujours pour être réélus.

En tout cas rien à voir avec les électeurs de centre gauche. Comme je l’ai déjà écrit, les électeurs de centre gauche « sont à la fidélité ce que le concours Miss France est à la philosophie. Au moindre prétexte médiatique ou de dîner de salon, cet électorat cherche un vote conforme à ses principes intellectuels intéressants mais utopiques : Mouvement Démocrate à condition qu’il soit à gauche, PS caviar ou encore les Verts quand ils décident de mettre la campagne dans la ville ».

C’est plus vers la fin du discours que Mme de Sarnez tend vraiment la main. Elle commet une facilité de langage en disant « mes chers amis ». Lorsqu’elle dit que ce qui nous rassemble avec ce courant du PS est plus fort que ce qui nous sépare, elle s’adresse à des républicains modérés. Du coup, ce discours pourrait très bien coller avec des républicains modérés de droite. Et tous les démocrates issus de l’UDF le pensent.

Quoi qu’il en soit, comme le dit Luc, la principale info est celle-ci : ce sujet va pourrir les UE du PS, ce qui n’a jamais cessé de m’amuser à défaut de me navrer.

30.07.2009

Il manque tout autant de solidarité que de travail (2).

Les plus fainéants d’entre vous doivent lire le premier billet, sinon vous perdrez le sens.

J’ai toujours considéré qu’il y avait du travail partout, mais qu’il fallait être polyvalent et se bouger. Ne m’en voulez pas, je n’ai aucune compassion avec les paresseux, ma mère nous répétant toujours : « s’il faut faire 20 heures de ménage par jour pour vous faire vivre, je le ferai ». Mais ce travail ne se trouve pas toujours via l’ANPE. Il se trouve dans des évènements, des rencontres vers l’autre. J’étais venu pour la soulager de trois coups de pioche, je me retrouve homme à tout faire, bien moins sexy que le jardinier de Mme Solis dans Desperate Housewives, mais bon, Mme C., à 86 ans, n’allait pas commencer à faire la difficile…

Il manque dans ce pays de la solidarité. Bien sûr, solidarité ne veut pas dire exploitation : tout travail mérite salaire ou échange de bons procédés. Elle m’aurait invité à déjeuner les midis pendant ma semaine, je m’en serai encore plus réjoui. Je ne deviens pas marxiste tout d’un coup, je reste même libéral : une activité économique naît d’un besoin, besoin assouvi par l’intervention d’un tiers qui recherche une rémunération. Il y a de l’argent d’un côté, des dons de l’autre, il faut qu’ils se rencontrent.

Si j’étais un ouvrier licencié, au lieu de céder au désespoir et de menacer de faire sauter mon usine, j’imprimerai des petits papiers que je mettrai dans toutes les boîtes aux lettres, proposant mes services. Les gens sont seuls à en crever dans ce pays et incapables de tout assumer : petites mamies, papis malades, femmes sans compagnons mais avec enfants, hommes non-manuels et/ou débordés.

Tout le monde a un don, tout le monde a quelque chose à apporter à la société. Mais personne ne viendra vous chercher. C’est à vous de proposer vos services.

Vous allez me dire « c’est du travail au black tout ça ! ». Soit, mais au fil du temps, les gens pourraient créer leur microsociété et gagner bien plus qu’un professeur de droit. Ce n’est qu’une idée en passant, parmi d’autres : je vous avais dit qu’il fallait apprendre l’anglais dès la maternelle et le chinois dès le collège et vous avez gueulé, avec des arguments infondés. Hé bien, ne changeons pas : trouvons le même travail pour cet ouvrier sidérurgiste, dont sa filière est condamnée vu la mondialisation alors qu’il pourrait être formé à autre chose, par exemple, dans un domaine environnemental. Ah oui, cette idée était dans une interview de Mme Duflot. Quand c’est les Verts qui le disent, c’est « in », quand c’est un mec de centre droit, ça pue la merde. Plus qu’aux étiquettes, attardez-vous sur les idées. Plus qu’aux grandes promesses, attardez-vous sur les petites actions concrètes.

22.06.2009

Vis ma vie à la gay pride

Je vais essayer de vous livrer LE billet objectif sur cet évènement.

Pour la première fois de ma vie, j’y participe : à Toulouse, samedi 20 juin, 6000 personnes.

Premier étonnement : non, ce ne sont pas des folasses avec des plumes dans le cul qui défilent. Il y a de tout : minets, vieux, invalides, danseurs, gros nounours, fils-de-fer, camionneuses, femmes d’affaire, famille (la variété se retrouvant aussi chez les nombreux hétéros venus faire la fête, accompagner un proche).

Deuxième étonnement : vive les folasses avec les plumes ! Je comprends les médias : bien sûr que ce qui est sympa à photographier, ce sont ceux qui se déguisent. Donc, j’ai fait comme La Dépêche, j’ai pris en photo les hommes déguisés en mariée, en danseuse brésilienne, en bonne sœur, en prostituée, en boa, Bree Van de Kamp distribuant des cookies… Ils sont sympa et sont là pour être pris en photo, comme les marins à Rouen pendant l’Armada

Troisième étonnement : c’est moins chiant que manifester contre l’implantation d’un incinérateur (la seule manif à la con que je me suis tapée) et on n’a pas de slogan type « CGT » : « Villepinnnnnn si tu savaiissssssss, ton CPE où on se le meeeeeeeeeet ! ».

En revanche, je ne suis pas étonné d’avoir vu le MJS (leur char était vide), l’UMP et le NPA (bien d’accord avec leurs idées sur ce thème mais il faudra qu’ils comprennent qu’on ne vote uniquement en fonction de sa vie personnelle) mais, comme d’habitude, jamais le MoDem.

A part ça, c’est vraiment quelconque : on marche pendant deux heures, à un rythme de convoi funèbre, la house, mousse, confettis en plus…

Mais pourquoi vais-je y retourner ou participer à d’autres ? La raison est toute simple : vous avez eu dans la rue, une partie de la face visible de l’iceberg.

Il manque le gros des troupes : il manque untel qui a peur de se griller auprès de ses collègues du taf, un de mes amis (32 ans !) qui ne veut pas y aller parce ce que (« ses parents regardent France 3 »), un autre malheureux depuis toujours car véhiculant sur lui-même une image désastreuse imposée par d’autres. Chers lecteurs, n’imaginez pas qu’on parle des autres : je parle de votre collègue de taf, de votre supérieur, de votre garagiste ou du flic qui vous a aligné ce matin, de votre fis ou de votre fille, de votre neveu qui risque de venir vous en parler avant d’en parler à ses parents, voire dans des cas exceptionnels, de votre père ou de votre mère.

Alors pour eux, et pour moi-même, je continuerai à y aller : oui, on risque de m’y voir, oui on risque de me taguer mon nom dans les chiottes, affligé d’un délicieux sobriquet ; mais bon, ce n’est pas la mort. Il n’y a vraiment pas de quoi en être fier, le nom de « pride » est maladroit, mais de là à se gâcher la vie…

11.06.2009

Après Bayrouth, les casques bleus UDF

« Bayrouth », voici le mot d’ordre de la blogosphère. Elle s’appuie en outre sur les « grands » analystes politiques des blogs politiques, qui croient que leurs blogs tiennent la route parce qu’ils singent le style journalistique.

Autant le dire, j’ai enfin pardonné à F. Bayrou et quand je vois souffrir quelqu’un, j’ai envie de le consoler. Une gifle puis un pépito, voilà ce qu’il faut aux satanés gosses…

L’avantage, pour une fois, est qu’on en avait oublié l’Union pour la Démocratie Française, véritable marronnier de nouveaux adhérents et blogueurs hystériques à la seule évocation de ce fantôme. Or, si les structures politiquent meurent, et c’est souvent salutaire, l’électorat demeure souvent.

L’électorat de centre droit a beaucoup de défauts, mais il a une qualité : sa fidélité.

Dans l’émission « C’est dans l’air », Pascal Perrineau, directeur du Cevipof a affirmé que, lors des élections européennes, c’était l’électorat traditionnel de l’UDF qui s’était mobilisé, en partie celui ayant voté Nicolas Sarkozy au second tour (ce qui fut une erreur au passage).

A vérifier et à confirmer. Mais si c’était vrai, cela signifierait deux choses.

Premièrement, l’UMP a siphonné les quémandeurs de Pur’Soup du Nouveau Centre mais pas l’électorat. D’ailleurs si le Nouveau Centre était parti seul aux européennes, il aurait fait un bide. Quoi qu’il en soit, les adhérents du Nouveau Centre avaient perçu avant tout le monde les travers de F. Bayrou.

Deuxièmement, on ne peut pas compter sur les électeurs de centre gauche. Je vise l’électorat de centre gauche et donc une grande partie de la blogosphère MoDem (sauf les derniers des Mohicans). Je les aime bien, je reconnais leurs qualités intellectuelles et humaines, mais ils ont un terrible défaut : ils sont à la fidélité ce que le concours Miss France est à la philosophie.

Au moindre prétexte médiatique ou de dîner de salon, cet électorat cherche un vote conforme à ses principes intellectuels intéressants mais utopiques : Mouvement Démocrate à condition qu’il soit à gauche, PS caviar ou encore les Verts quand ils décident de mettre la campagne dans la ville.

Au moindre prétexte « anti-démocratique » (la démocratie s’entendant bien sûr comme le fait d’être soi-même désigné), les militants de centre gauche crient au complot et trahissent à tout-va.

A la moindre attitude pragmatique, celle qui consisterait à changer le système en ayant le plus d’élus, ceci étant permis avec des alliances diversifiées, droite et gauche, les militants et l’électorat font preuve d’un sectarisme estomaquant ou d’un extrême centrisme déroutant. Je l’ai déjà dit : si on n’est pas capable de voter des deux côtés, allons au PRG ou au Nouveau Centre.

Au passage, si l’UDF avait un programme, des idées et que le MoDem passe pour ne pas en avoir, c’est qu’il ne faut pas débattre de ce que qui n’est pas « politiquement correct ».

Pourquoi l’électorat de centre-gauche est-il comme cela ? Mystère, demandons aux psychologues, politologues et sociologues. J’ai juste quelques idées : ce sont peut-être des parvenus nés dans la facilité et ils se sentent proches du peuple en votant à gauche pour se donner bonne conscience ? Ou ce sont peut-être des gens qui ont réussi en dépit de leur milieu d’origine, et ils rendent un hommage inconscient à leurs parents ? Nous le voyons bien autour de nous : la paresse intellectuelle fait que les gosses reprennent les idées de leurs parents, sauf par rébellion et sauf destin particulier. Entre le poids médiatique, l’influence des modes de scrutin et le conformisme des électeurs, la France a plus de chance de gagner à l’Eurovision que de voter démocrate.

Bref, bref, bref, malgré les œillades à gauche, la belle s’est encore dérobée sous nos yeux. Il est donc temps de retrouver nos premières amours : on aura changé entre temps, elle aussi mais le baiser du prince charmant réveillera la belle endormie.

03.03.2009

Moi, Crapaud du Marais, libéral tout court.

Il existe des libéraux qui s'ignorent. D'autres sont honteux dans les camps qui courent. Il existe pourtant un camp d'irréductibles qui, dans les temps les plus rudes, se définissent encore comme libéraux. Ca pue peut-être pour vous, mais vous en lisez le blabla libéral en ce moment même.

Comme M. Delanoë, je considère que le libéralisme politique est d'inspiration des Lumières et je soutiens le libéralisme des mœurs.

Mais il faut aller beaucoup plus loin : je reste un libéral d'un point de vue économique. J'ai plus confiance en l'Homme qu'en tout le reste. A chaque intervention de l'Etat, on perçoit les limites. Si le système économique se casse la gueule, un peu d'inaction permettra de se recentrer sur des choses créatrices d'emplois en France : tourisme, luxe, technologie de points, culture. La sidérurgie est condamnée. C'est dur de le dire, mais comme la houille, cela va péricliter.

Toutefois, afin de ne pas déchaîner vos commentaires, prenons un exemple que je connais vraiment. Une bonne idée de Mme Pécresse : des tuteurs, étudiants de mastère 2 sont payés pour soutenir les étudiants de première année. C'est une sorte de soutien scolaire gratuit. Parfait, on va commencer à attaquer certaines pratiques de boîtes de style Acadomia. Une autre excellente idée était celle de Mme Royal : donner une allocation à des étudiants en échange de quelques cours.

Bref, quels résultats pour les débuts de cette politique ? Mitigés : une grande majorité parmi les rares étudiants qui vont voir leurs tuteurs sont ceux qui n'en ont pas besoin. Les étudiants en difficulté n'y vont guère. Après, il faut que le tuteur soit bon et que le chargé de TD joue le jeu, ce qui n'est pas toujours le cas. « Mes » tuteurs sont obligés d'aller chercher les étudiants un par un, chose qu'ils font plus ou moins.

Autre exemple : à mon initiative, séance optionnelle, sans être payé, de méthodologie. Sur 60 étudiants, 15 sont venus. Décourageant.

On ne peut pas forcer un âne à boire (et j'adore les ânes). Au bout d'un moment, même si c'est sympa de sauter comme un cabri en disant « des moyens, des moyens », cela ne changera rien si l'homme en tant qu'individu ne se bouge par lui-même. On ne passera pas l'examen à sa place. Poignent dès lors les analyses de Bourdieu : certains sont favorisés par leur naissance. Bien d'accord, mais cela ne constitue aucune excuse dans l'absolu. Aide-toi et le ciel t'aidera. L'intelligence, ce n'est pas le niveau d'études mais la conscience de ses atouts et de ses limites et qu'il veut mieux tenter sa chance dans d'autres voies.

 

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