08.12.2009

Ségolène Royal, la politique autrement ?

Les anciens adhérents du Mouvement Démocrate souhaitaient « faire de la politique autrement » comme l'avait promis François Bayrou. Je n'ai jamais cru en ceci, surtout dans un parti centriste. Les centristes sont les plus politisés de tous les adhérents d'un parti politique.

Leur place serait peut-être mieux à Désirs d'avenir. Désirs d'avenir ressemble à un club bordélique où on peut écrire des contrib dont tout le monde se fout. Le problème est que ce n'est plus à la mode. Les gens de centre gauche, qui adorent d'une manière générale dicter la conduite aux autres, vont donc tous à Europe Ecologie. Si la mode était le « Parti de ceux qui ne peuvent pas dormir en chaussettes », ils y iraient.

En tout cas, Ségolène Royal continue de surprendre, de passer outre les logiques d'appareil. On a eu le droit à ses considérations sur la Nation, les 35 heures et désormais elle propose malicieusement une alliance dès le premier tour, cf. l'Hérétique, Le Grand. Citons aussi le bon blogueur Unhuman qui surfe sur cette actu en faisant un billet... sans intérêt. Billet décevant aussi chez Orange sanguine, pourtant du coin. Il faut laisser du temps au temps pour écrire. Vous voyez bien que je lis encore et que je peux encore "linker" (quel mot atroce). Evitons toutefois les "links" débiles. [ajout tardif : bon billet ici]

Bien sûr que c'est encore un coup médiatique. Il n'empêche que je suis favorable à s'allier tôt ou tard avec elle. J'aurais préféré tôt, mais va pour tard sauf qu'on aura sûrement encore moins de sièges. Son bilan est bon, du moins en apparence. Avant sa présidence, personne ne connaissait la région Poitou-Charentes. On évoquait « Le Futuroscope », on regardait un reportage sur les marais poitevins au journal de 13 heures sur TF1 et basta.

Ségolène Royal est à sa région, ce que Georges Frêche était (est en réalité) à Montpellier : on a l'impression, sûrement erronée, qu'avant, rien n'avait été fait.

A part elle, un des seuls qui faisait de la politique autrement était Nicolas Sarkozy jusqu'à ce que son mandat le tienne.

Ségolène Royal reste une de mes personnalités politiques préférées avec Cécile Duflot, Georges Frêche et Alain Juppé. Je trouve que Mme Royal est capable de comprendre certaines aspirations des Français, qu'elle est intelligente, qu'elle a de l'allure et de la pugnacité. Si elle n'était pas au Parti Socialiste, je pourrais la rejoindre.

11.09.2009

Le centre droit ne peut qu’approuver la vision de M. Bayrou.

Deux évènements alimentent ce billet : le discours de M. Bayrou et l’excellente émission « Mots Croisés » qu’il a provoqué le lendemain. Dans cette émission se trouvaient Messieurs Kahn, Besancenot, Peillon et Mesdames Duflot et Buffet.

Bien sûr, j’aurais aimé que la stratégie d’alliances variables en fonction des projets régionaux prédomine. Je la crois bonne. Mais comme M. Bayrou, je constate que les Français la désapprouvent. On ne peut pas faire des ânes des chevaux de course. Ils ont été éduqués au bipartisme, nourris au bipartisme ; le poids des habitudes sont trop fortes.

Bien sûr, j’insiste sur le fait que nous avons besoin des républicains de droite. Ils se réveilleront le jour où le joug sarkozyen s’affaiblira.

Bien sûr, je constate les différences de vision entre la gauche et nous, qui, faut-il le rappeler, ne sommes pas de gauche (sauf sur l’ancienne blogosphère modem, réduite à s’accoquiner avec les left blogs et les gros blogs pour linker et monter dans wikio).

Toutefois, lors de ce débat, j’ai donné raison à tout le monde sur certains sujets.

A M. Besancenot qui a affirmé qu’il ne servait à rien de promettre une chose pour la renier aussitôt au pouvoir, ce qui n’arrangera en rien la politique.

A Mme Duflot qui me plait de plus en plus. Elle a vraiment une vision claire et environnementaliste de la société. Elle insiste sur l’inutilité de désigner un candidat commun à la gauche sans programme commun (rappelons qu’on ne rentre pas là-dedans, François Bayrou reste bien notre candidat) et sur la nécessité de convertir la vieille industrie française qui est condamnée par avance.

A Mme Buffet, qui a le mérite de vouloir agir en plus de résister.

A M. Kahn, honnête, clair et vif. Il s’ouvre à l’ensemble des citoyens et s’attache plus à la raison qu’aux étiquettes politiques.

A M. Peillon qui a compris qu’il fallait une union si le but était de battre la droite.

Le mot est lâché : battre la droite. Comment un homme de centre droit peut-il vouloir cela ?

Tout simplement parce que, ce qui compte pour un homme ou une femme de centre droit, ce sont les valeurs. Et plus que la politique actuelle (soyons honnête, tout n’est pas bon à jeter), le centre droit rejette de telles valeurs, sauf à se compromettre comme le fait le PSLE. L’argent roi, la concentration, le clivage de la société, le manque de pudeur dans la jouissance, le traitement de l’information, les questions de sécurité et d’immigration, l’immixtion dans la vie privée des gens choquent les hommes de centre droit, en tout cas les libéraux.

Au fond, les gens comme moi qui ont voté pour Mme Royal ont été des précurseurs.

Nous n’avons plus le choix pour aujourd’hui et 2012 : discutons et on verra.

Après, vous ne manquerez pas de me dire « quand même, avec les communistes et pire ! ». Soit, et il est vrai que j’ai changé d’avis : avant je disais « hors de question », puis je me dis désormais que nous n’avons plus le choix. Tout simplement parce que la droite est en pleine forme. Et aussi parce que le Mouvement Démocrate ne pèse rien.

Vous pouvez me dire aussi « super, on a été les larbins de l’UMP avant la nouvelle UDF et now, c’est du PS ». Non, car il n’y a pas de « basculement ». C’est une stratégie qui évolue et j’espère qu’on gardera notre liberté de s’opposer aux choses qui nous paraissent mauvaises pour le pays. Au passage, quiconque qui a fait un marché depuis quelques années confirmera ceci : les militants PS n’agressent pas vraiment, alors que ceux de l’UMP sont puants.

Est-ce une tentative pitoyable de M. Bayrou pour rebondir, un hold-up ? Peut-être. Il va bien être obligé de dire que s’il ne passe pas le second tour, il appellera à voter pour le candidat de la gauche.

On a eu beaucoup d’espoirs. Les Français nous ont calmés. Soyons pragmatique. Ainsi, un autre mur de Berlin commence à se faire entre les gens de centre droit, ceux comme moi qui pouvons voter à gauche (et qui le font presque tout le temps au fond) et ceux qui ne peuvent pas. J’aimerais toujours discuter, agir avec les seconds mais nos stratégies sont trop opposées. Il nous reproche d’échouer, nous on tente. Eux, ils ont échoué. Je les aime mais je désapprouve leur manque d’audace. Ils m’aiment mais me trouvent utopistes.

Beaucoup de questions sont encore à débattre : quid des alliances locales avec des villes de droite aux municipales ? C’est gênant, on le sait bien. C’est ça être centriste. On veut rassembler ou aider au rassemblement des gens qui sont opposés par paresse intellectuelle ou par confort. Nous y sommes parfois arrivés dans l’histoire et le gouvernement actuel nous offre peut-être des conditions pour y parvenir de nouveau.

Rendus où on en est, c’est le destin qui domine, alors vogue la galère.

26.08.2009

Après nos bleus, la vie en rose ?

Ca s’agite sur la blogo au sujet du discours de Mme de Sarnez. Je l’ai écouté entièrement et j’ai lu quelques billets qui ont enrichi mes opinions. En tant qu’homme de centre droit, j’en pense le plus grand bien.

Comme l’Hérétique, je vous rappelle que l’UDF (version nouvelle) disait ça depuis le début Sauf que beaucoup n’y croyaient pas… Et Mme de Sarnez ne s’adressait pas au PS.

Comme Vincent, je me méfie du côté gadget car il faut bien un programme.

Les autres billets ne disent souvent rien d’intéressant intellectuellement et politiquement. Il y a ceux qui réclament ça depuis le début du MoDem puis qui râlent, ceux qui sont fâchés avec Bayrou après l’avoir encensé, ceux qui sont au PLSE et gueulent…

Sauf Chantal, qui a peur que le centre droit se barre. Hé bien non, chère Chantal, voilà comment on vote, nous les gens de centre droit : au premier tour, on vote centriste quand c’est possible, on est toujours fidèle. Au second tour, c’est plus compliqué. J’évoque l’électorat et non les élus car les élus de centre droit se barreront toujours pour être réélus.

En tout cas rien à voir avec les électeurs de centre gauche. Comme je l’ai déjà écrit, les électeurs de centre gauche « sont à la fidélité ce que le concours Miss France est à la philosophie. Au moindre prétexte médiatique ou de dîner de salon, cet électorat cherche un vote conforme à ses principes intellectuels intéressants mais utopiques : Mouvement Démocrate à condition qu’il soit à gauche, PS caviar ou encore les Verts quand ils décident de mettre la campagne dans la ville ».

C’est plus vers la fin du discours que Mme de Sarnez tend vraiment la main. Elle commet une facilité de langage en disant « mes chers amis ». Lorsqu’elle dit que ce qui nous rassemble avec ce courant du PS est plus fort que ce qui nous sépare, elle s’adresse à des républicains modérés. Du coup, ce discours pourrait très bien coller avec des républicains modérés de droite. Et tous les démocrates issus de l’UDF le pensent.

Quoi qu’il en soit, comme le dit Luc, la principale info est celle-ci : ce sujet va pourrir les UE du PS, ce qui n’a jamais cessé de m’amuser à défaut de me navrer.

22.06.2009

Vis ma vie à la gay pride

Je vais essayer de vous livrer LE billet objectif sur cet évènement.

Pour la première fois de ma vie, j’y participe : à Toulouse, samedi 20 juin, 6000 personnes.

Premier étonnement : non, ce ne sont pas des folasses avec des plumes dans le cul qui défilent. Il y a de tout : minets, vieux, invalides, danseurs, gros nounours, fils-de-fer, camionneuses, femmes d’affaire, famille (la variété se retrouvant aussi chez les nombreux hétéros venus faire la fête, accompagner un proche).

Deuxième étonnement : vive les folasses avec les plumes ! Je comprends les médias : bien sûr que ce qui est sympa à photographier, ce sont ceux qui se déguisent. Donc, j’ai fait comme La Dépêche, j’ai pris en photo les hommes déguisés en mariée, en danseuse brésilienne, en bonne sœur, en prostituée, en boa, Bree Van de Kamp distribuant des cookies… Ils sont sympa et sont là pour être pris en photo, comme les marins à Rouen pendant l’Armada

Troisième étonnement : c’est moins chiant que manifester contre l’implantation d’un incinérateur (la seule manif à la con que je me suis tapée) et on n’a pas de slogan type « CGT » : « Villepinnnnnn si tu savaiissssssss, ton CPE où on se le meeeeeeeeeet ! ».

En revanche, je ne suis pas étonné d’avoir vu le MJS (leur char était vide), l’UMP et le NPA (bien d’accord avec leurs idées sur ce thème mais il faudra qu’ils comprennent qu’on ne vote uniquement en fonction de sa vie personnelle) mais, comme d’habitude, jamais le MoDem.

A part ça, c’est vraiment quelconque : on marche pendant deux heures, à un rythme de convoi funèbre, la house, mousse, confettis en plus…

Mais pourquoi vais-je y retourner ou participer à d’autres ? La raison est toute simple : vous avez eu dans la rue, une partie de la face visible de l’iceberg.

Il manque le gros des troupes : il manque untel qui a peur de se griller auprès de ses collègues du taf, un de mes amis (32 ans !) qui ne veut pas y aller parce ce que (« ses parents regardent France 3 »), un autre malheureux depuis toujours car véhiculant sur lui-même une image désastreuse imposée par d’autres. Chers lecteurs, n’imaginez pas qu’on parle des autres : je parle de votre collègue de taf, de votre supérieur, de votre garagiste ou du flic qui vous a aligné ce matin, de votre fis ou de votre fille, de votre neveu qui risque de venir vous en parler avant d’en parler à ses parents, voire dans des cas exceptionnels, de votre père ou de votre mère.

Alors pour eux, et pour moi-même, je continuerai à y aller : oui, on risque de m’y voir, oui on risque de me taguer mon nom dans les chiottes, affligé d’un délicieux sobriquet ; mais bon, ce n’est pas la mort. Il n’y a vraiment pas de quoi en être fier, le nom de « pride » est maladroit, mais de là à se gâcher la vie…

13.03.2009

La Bayrouïsation des esprits

Curieux pays que le nôtre. A l'instar de Jean-Marie Le Pen, on peut se demander si les idées de François Bayrou progressent dans notre société bien que ce dernier n'accède pas aux responsabilités et risque de ne pas y accéder.

Les médias et les intellectuels adorent comparer un peu trop facilement les deux hommes, alors que seuls les centristes sont éloignés des extrêmes.

Cinq exemples permettent de constater l'influence des idées et du style du Président du Mouvement Démocrate.

Tout d'abord, le style un peu vieux jeu : langage soutenu, style sobre, vie familiale classique, affirmation d'une religion et laïcité active. A force de porter la même chemise depuis 20 ans, on finit par redevenir à la mode. La puissance intellectuelle des Juppé, Mitterrand et Fabius recommencent à plaire aux Français, depuis que leur Président de la République soit devenu bling-bling.

Ensuite, la question de la dette. Rien n'est fait dans notre pays pour y remédier, mais les médias en parlent et les jeunes générations s'en inquiètent. Les personnes qui mettent la dette au cœur du système politique seront reconnues comme des visionnaires le jour où la France ne pourra plus emprunter aisément.

Par ailleurs, la vision d'un manque de panache de l'UMP, du PS et de leurs alliés. Les Français commencent à constater le courage de François Bayrou. On a beau dire ce que l'on veut, être PS ou UMP, c'est une paresse intellectuelle et une sorte d'ascenseur social pour 3-4 trous du cul étudiants en droit... Je les connais bien ces gens-là : ils sont à droite dans le 92 et à gauche dans le 31, et ce peu importe leurs idées.

De plus, l'ouverture aux personnes d'horizons différents. Alors que le Président a fait une campagne à droite et qu'il estimait que « Bayrou, c'est la IVème République ! », son ouverture à des personnalités de gauche est intéressante.

Enfin, la question européenne. Si les souverainistes sont aux antipodes des idées du mouvement démocrate, l'UMP a commencé à découvrir les avantages de l'Europe, sous l'impulsion d'une « présidence » française de l'Union Européenne plutôt réussie.

L'essentiel n'est-il pas là : que les Français continuent à voter pour des veaux mais qu'au fond, ces derniers ne réalisent pas leur programme et piquent les idées démocrates ? Ce n'est qu'un pillage limité, mais c'est mieux que rien.

 

09.12.2008

L’intolérance est-elle une valeur de gauche ?

 

 

Les jeunes démocrates de la Haute-Garonne devaient organiser prochainement un débat au titre provocateur : « Le MoDem est-il trop à gauche ? ». Marche arrière au profit d’un thème pasteurisé. Dommage.

C’est un collègue et camarade, Jean-Charles qui a eu l’idée de cet intitulé du débat. Jean-Charles m’avait livré un jour une réflexion très intéressante : « L’intolérance, c’est une valeur de gauche ». Il avait eu à peine le temps d’étayer son opinion.

A première vue, il aurait tort : les grandes évolutions en ce qui concerne la liberté de pensée ou la liberté des mœurs ne furent-elles pas permises par la gauche ? Nous pouvons citer, en autres, la libéralisation de la radio et le PACS.

Pourtant, je rejoins Jean-Charles : l’intolérance est une valeur de gauche (quoique je crois que ce sentiment se retrouve partout).

Passons les coming out catastrophiques vécus par des potes alors que leurs mères les ont éduqués « comme des bonnes copines de gauche ». Passons les parents votant LCR au premier tour qui dirent à une collègue : « Tu vas quand même pas ramener un arabe à la maison ? ».

Ouvrons le débat autour du discours des partis de gauche. Celui-ci commence souvent par « Ensemble, contre… », « Pour s’opposer à… », « Luttons contre… ». On entend moins la droite dire « Cassons la gauche ». La droite parle à un ensemble de Français, mêlant haute bourgeoisie, artisans, commerçants, professions libérales et agricoles et ouvriers. Bien sûr, sa politique, dans les faits, privilégie la classe dominante.

Il a fallu attendre Nicolas Sarkozy pour qu’une ouverture se fasse dans le Gouvernement (alors qu’il disait que cette idée de Bayrou conduirait à la « IVème République »). Il a fallu attendre Nicolas Sarkozy pour une promotion des diversités ethniques.

On peut dire de tout ceci que « c’est du vent ». N’empêche, il le fait alors que le PS envoie au casse-pipe des candidats noirs ou originaires d’Afrique du Nord dans des circonscriptions de droite…

La gauche est intolérante. Elle ne vise pas le bien de l’ensemble des Français mais celui d’une partie de la population : fonctionnaires, professions intellectuelles, les travailleurs modestes (en théorie), les inactifs (en pratique).

Regardez tout le pataquès autour du débat sur une éventuelle alliance avec des « centristes » ! On avait l’impression d’être des néo-nazis complètement abrutis. Il manquait plus que Marie-George Buffet et sa « c’est la droite de Bérou » ! Au passage, j’espère que Bayrou n’a pas oublié que cela ne sert à rien de s’être libéré d’une tutelle de l’UMP pour en trouver une autre (qui lessive les communistes depuis plus de 20 ans).

La gauche a le droit de défendre ses intérêts et ses projets et elle le fait souvent efficacement au niveau local. Mais elle ne parle plus à la France entière. Cette dernière le lui rend bien.

27.11.2008

Bataille Royale entre le porte-avion Narcisse et la barque du Crapaud


Je matais cette vidéo sur le site du Figaro. Puis je me suis rappelé d’un titre d’une note de Luc dans mon Netvibes. Ni une, ni deux, allons voir ce que dit ce spécialiste de la com’. Aïe, ce dernier écrit :

« Bien des hésitations, bien des bégaiements, bien des sourires forcés, bien des postures pas naturelles, bien des regards vers la personne postée à côté de la caméra. Nous avons même le droit à un téléphone qui sonne, à une sortie improbable où nous voyons la Président de la Région Poitou Charentes sortir un ridicule "à très bientôt" sur le ton de l'amitié mais tellement grotesque de fausseté ».

Et bien moi, j’ai adoré. Difficile d’écrire après M. Mandret, je ne vais pas tenter de l’égaler mais je suis en désaccord avec lui.

Bien que je n’y connaisse rien, selon moi, la voix n’est pas monotone. Si c’est de l’impro, je trouve cela bon (impossible d’éviter les bégaiements en impro, n’importe quel prof, avocat ou comédien vous le dira). Si c’était préparé, je trouve cela encore meilleur car cela peut passer… pour de l’impro.

Classe, belle, souriante, amusante et déterminée. Elle prend des cours de diction, de théâtre peut-être. Elle progresse vraiment. Elle arrive même à se servir d’une main, les mains étant toujours les plus délicates à placer lorsqu’on parle. On a l’impression qu’elle livre le programme d’actions qu’elle entend mener en tant que… dirigeante du Parti Socialiste !

Selon moi, il est inutile de dire que quelqu’un est « naturel » car personne ne l’est quand il parle en public. En fait, au lieu de dire « naturel », on devrait dire « fidèle à un standard appréciable par une majorité ». Si je laissais paraître ma profonde nature, cela ferait fuir tout le monde. Les costumes ne rendent jamais naturels. Et le spectacle doit continuer. Une fois, j’ai appris une douloureuse nouvelle, la veille d’un cours. Si j’avais été étudiant, j’aurais pris 4 jours de « RTT » car j’aurais annoncé avoir « beaucoup de problèmes perso ! ». Et bien non, j’ai enfilé mon costard et je suis allé au charbon, tout simplement parce que je sais et parce qu’il est nécessaire de « ne pas être naturel ».

Au fond, le problème avec Mme Royal, c’est qu’on a du mal à être objectif. On l’adore, ou on la déteste (elle me rappelle quelqu’un).

24.11.2008

Tout le monde n’a pas la chance d’avoir des parents socialistes…

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Ah si seulement j’avais eu des parents socialistes ! Puisque le milieu familial influence les idées politiques, j’aurais pu, peut-être, être socialiste. J’aurais pu briller dans les dîners, j’aurais pu me vanter d’être le seul à cerner l’intérêt général, être celui qui défend la veuve et l’orphelin. Rigoureux, honnête et désintéressé par l’argent, j’aurais pu être un humaniste.

Le malheur fait que mes parents ne sont pas socialistes. Ce sont pourtant des gens merveilleux.

Papa approche de ses 60 ans : ancien cuisinier, restaurateur pendant 20 ans, il vendit son restaurant pour être serveur. A la retraite bientôt, parce qu’il a commencé à 14 ans. Une vie de labeur comme pas mal de Français.

Maman est comme beaucoup de femmes. Collaboratrice de son mari, elle reprend son premier métier (laborantine) à 55 ans, en allant par elle-même faire des stages en laboratoire (le métier ayant été bouleversé en 20 ans). Elle a deux CDD sur deux lieux différents mais arrive à se vendre : « Les enfants sont élevés » annonce-t-elle crânement.

Avec la victoire de Mme Aubry, j’ai tout de suite pensé à ma mère. Si je l’appelle maintenant, elle me dirait « Il faut vraiment être con pour qu’ils aient voté pour une telle connasse ! ».

J’avais beau lui expliquer que Mme Aubry était pour la baisse de la TVA sur la restauration, cette dernière resterait aux yeux des artisans, commerçants, professions libérales, la « Connasse des 35 heures ». Vous ne comprendrez jamais ces gens-là si vous n’avez pas évolué dans leur milieu. Ils font 35 heures en 2-3 jours. Quand je voulais aller faire signer, à mon père, les nombreux avertissement et heures de colle que l’on m’avait infligés, j’allais en cuisine car il bossait tout le temps. Je les ramenais à la vie scolaire, avec des tâches de tomate, de la farine ou parfois du chocolat.

Mes parents sont comme beaucoup de Français : surprenants en politique. De droite, ils votent parfois gauche, facilement au niveau local, plus difficilement au niveau national « Quand y’en a marre » par exemple en 1981.

Je me suis demandé comme j’avais pu être centriste depuis que j’ai des idées politiques. La réponse est peut-être celle-ci: la diversité de vote de mes parents au premier tour se retrouve chez moi au second. Toutefois, je serai incapable de voter comme eux (Maman a déjà voté Arlette puis Chirac ; Papa Robert Hue puis Chirac : ça vous fait sourire ? Beaucoup de français sont comme ça).

Ma mère avait prédit la présence de Le Pen au second tour. Elle est mon meilleur sondage à moi : je vais lui demander si c’est une chance pour le MoDem que ce soit Mme Aubry qui soit élue.

Mes parents n’aiment pas trop Ségolène Royal alors que moi, si. Pour ma mère « jamais les femmes voteront pour elle, surtout les vieilles » (C’est tout à fait exact, il suffit d’avoir fait un marché pour le constater) et puis « Les femmes sont des chipies, elle est trop belle pour elles ».

Au fait, c'est probablement la première fois, et sans doute la dernière, que je publie une photo de moi sur ce blog. Ca sera mon jeu du dimanche à moi.