24.11.2008

Tout le monde n’a pas la chance d’avoir des parents socialistes…

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Ah si seulement j’avais eu des parents socialistes ! Puisque le milieu familial influence les idées politiques, j’aurais pu, peut-être, être socialiste. J’aurais pu briller dans les dîners, j’aurais pu me vanter d’être le seul à cerner l’intérêt général, être celui qui défend la veuve et l’orphelin. Rigoureux, honnête et désintéressé par l’argent, j’aurais pu être un humaniste.

Le malheur fait que mes parents ne sont pas socialistes. Ce sont pourtant des gens merveilleux.

Papa approche de ses 60 ans : ancien cuisinier, restaurateur pendant 20 ans, il vendit son restaurant pour être serveur. A la retraite bientôt, parce qu’il a commencé à 14 ans. Une vie de labeur comme pas mal de Français.

Maman est comme beaucoup de femmes. Collaboratrice de son mari, elle reprend son premier métier (laborantine) à 55 ans, en allant par elle-même faire des stages en laboratoire (le métier ayant été bouleversé en 20 ans). Elle a deux CDD sur deux lieux différents mais arrive à se vendre : « Les enfants sont élevés » annonce-t-elle crânement.

Avec la victoire de Mme Aubry, j’ai tout de suite pensé à ma mère. Si je l’appelle maintenant, elle me dirait « Il faut vraiment être con pour qu’ils aient voté pour une telle connasse ! ».

J’avais beau lui expliquer que Mme Aubry était pour la baisse de la TVA sur la restauration, cette dernière resterait aux yeux des artisans, commerçants, professions libérales, la « Connasse des 35 heures ». Vous ne comprendrez jamais ces gens-là si vous n’avez pas évolué dans leur milieu. Ils font 35 heures en 2-3 jours. Quand je voulais aller faire signer, à mon père, les nombreux avertissement et heures de colle que l’on m’avait infligés, j’allais en cuisine car il bossait tout le temps. Je les ramenais à la vie scolaire, avec des tâches de tomate, de la farine ou parfois du chocolat.

Mes parents sont comme beaucoup de Français : surprenants en politique. De droite, ils votent parfois gauche, facilement au niveau local, plus difficilement au niveau national « Quand y’en a marre » par exemple en 1981.

Je me suis demandé comme j’avais pu être centriste depuis que j’ai des idées politiques. La réponse est peut-être celle-ci: la diversité de vote de mes parents au premier tour se retrouve chez moi au second. Toutefois, je serai incapable de voter comme eux (Maman a déjà voté Arlette puis Chirac ; Papa Robert Hue puis Chirac : ça vous fait sourire ? Beaucoup de français sont comme ça).

Ma mère avait prédit la présence de Le Pen au second tour. Elle est mon meilleur sondage à moi : je vais lui demander si c’est une chance pour le MoDem que ce soit Mme Aubry qui soit élue.

Mes parents n’aiment pas trop Ségolène Royal alors que moi, si. Pour ma mère « jamais les femmes voteront pour elle, surtout les vieilles » (C’est tout à fait exact, il suffit d’avoir fait un marché pour le constater) et puis « Les femmes sont des chipies, elle est trop belle pour elles ».

Au fait, c'est probablement la première fois, et sans doute la dernière, que je publie une photo de moi sur ce blog. Ca sera mon jeu du dimanche à moi.